Delly Sesanga, candidat déclaré à la présidentielle censée se tenir en décembre 2023, s’oppose à toute idée d’un glissement sur fond de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où les FARDC et les rebelles du M23 s’affrontent.
Ce week-end, il a échangé avec une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour lui, il est hors de question que les acteurs politiques marchandent la guerre dans l’est du Congo pour obtenir un glissement de mandat.
Pourtant, le président Félix Tshisekedi a, lors de ses récentes sorties médiatiques, affirmé que l’insécurité dans cette partie risque d’hypothéquer la tenue des prochaines élections si la Communauté internationale ne s’implique pas pour restaurer la paix.
Ce qui passe mal dans l’opposition. Delly Sesanga, 56 ans, affirme que le processus électoral est « compromis à volonté ». Il exige la recomposition du bureau de la Ceni, de la Cour de la Constitutionnelle, mais aussi à la révision de la loi électorale. « Les rapports intérimaires font état d’un processus électoral bâclé, basé sur un plan savamment orchestré de tricherie et de fraude à grande échelle qui se révèle », dénonce le président du parti Envol.
En RDC, les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs se poursuivent. Entre-temps, les armes continuent de parler dans les territoires de Rusthuru et de Masisi entre l’armée congolaise et le M23, malgré l’appel d’un cessez-le-feu. Ce qui provoque le déplacement massif des populations. Ce lundi, l’armée a accusé les rebelles d’avoir bombardé la cité de Saké, où quatre civils ont été tués.
La résurgence du M23 a provoqué une escalade de tensions entre Kinshasa et Kigali, dont les relations oscillent entre tiède et volcanique depuis la fin des années 90. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23. Ce que Kigali a toujours nié. Même lorsqu’un rapport d’experts onusiens atteste le lien entre le Rwanda et le M23.
Pour Delly Sesanga, la résurgence du M23 est consécutive au chaos diplomatique et sécuritaire orchestré par une suite des décisions inconséquentes de la stratégie du régime Tshisekedi dans la région Grands Lacs. « Cette stratégique a favorisé l’escalade dans la région sur fond des rivalités entre pays et de surenchère politico-économique », dit-il.
Il indique tout même qu’il faut réévaluer et relancer l’accord-cadre d’Addis-Abeba. M. Sesanga appelle les Nations unies à déployer une force internationale pour remplacer la force Est-Africaine, critiquée par des mouvements citoyens et la société civile du Nord-Kivu pour sa passivité face aux rebelles du M23, accusés de massacre de civils à Kishishe et Bambo.
Trésor Mutombo

