Les immunités de Joseph Kabila, ancien président devenu figure voyante de l’opposition, vont-elles être levées ? La question continue de diviser au Sénat congolais, où une commission technique l’examine en profondeur.
Cette commission doit rendre son rapport dans 72 heures. Radio Okapi rapporte que certains sénateurs soutiennent cette procédure, alors que d’autres estiment qu’elle doit passer par un vote du Congrès. Ils invoquent l’article 224 du règlement intérieur du Sénat.
L’affaire polarise l’attention à Kinshasa. Lors de la plénière de jeudi, le débat a été vif sur cette question après le réquisitoire de l’auditeur général des FARDC, demandant la levée des immunités de Joseph Kabila.
« La perspective de faire lever les immunités du président Kabila sans passer par le congrès comme l’exige la loi portant statut des anciens présidents élus… est une aventure qui va faire discréditer le Sénat », a commenté Me Jean-Claude Katende, président national de l’Association africaine pour les droits de l’homme (Asadho), dans un post sur le réseau social X.
Pour lui, un Etat de droit ne se construit pas en violant les lois du pays. Il appelle les sénateurs à rejeter la demande de la justice, la qualifiant d’illégale.
Depuis la rupture de la coalition FCC-CACH, les relations entre M. Kabila et son prédécesseur, Félix Tshisekedi, se sont visiblement dégradées. 6 ans après son départ du palais de la Nation, l’ancien chef de l’Etat est sorti de son silence en février dernier. Il a accusé le président Tshisekedi de plusieurs dérives dictatoriales et d’être le seul responsable de la crise actuelle dans l’est de la RDC, où les rebelles du M23 contrôlent les deux principales villes de la région du Kivu : Goma et Bukavu.
Joseph Kabila vit en exil depuis un an. En avril dernier, il avait annoncé son retour au pays dans la partie orientale. Quelques jours plus tard, il a été annoncé à Goma, selon l’information relayée par RFI, citant l’entourage de M. Kabila. Cette annonce a fait bondir les autorités congolaises, qui ont décidé de suspendre les activités de son parti, de saisir ses biens immobiliers et d’ordonner des poursuites judiciaires contre lui.
Bien avant, le président Tshisekedi avait accusé Joseph Kabila d’être le commanditaire de la rébellion M23-AFC. Des accusations que l’ancien président a balayées d’un revers de la main.
Pour l’heure, les regards sont tournés vers le Sénat, où tout se joue. Les immunités parlementaires de Joseph Kabila vont-elles être levées ou non ? C’est la question que tout le monde se pose.
Trésor Mutombo

