Alors que le consensus peine à être trouvé entre la Fecofa et l’Association de dirigeants de clubs (Adfco) sur le nouveau format du championnat national, la Fifa menace de sanctionner la RDC pour « ingérence du gouvernement ».
Y-at-il un bras de fer entre le Conor et le ministre des Sports ? C’est la question que tout le monde se pose à quelques heures du démarrage du championnat congolais. Dans un courrier, la Fifa met en garde contre toute sorte d’ingérence. Pour l’instance internationale du football, la Fecofa est le seul organe reconnu qui a le droit de gérer le championnat national.
Pourtant, la question du format en deux groupes de dix clubs continue de diviser. François Kabulo, ministre congolais des Sports, avait mis en place une commission pour trouver un consensus sur la formule du championnat.
Jeudi 10 août. Au salon bleu du stade des Martyrs, il devait se tenir une réunion d’harmonisation entre le Conor et l’Adfco sous la médiation de François Kabulo. Mais le Conor était absent. « Cette commission ne devrait en aucune façon imposer de décision valable modifiant le championnat national organisé sous l’égide de la Fecofa », tranche la Fifa dans son courrier.
Entre-temps, une correspondance du ministre des Sports interdit « toute activité sportive dans les stades encore en réhabilitation » en RDC. Il justifie cette décision par le souci de mettre les stades aux énormes internationales pour obtenir leur homologation. Une décision qui déchaîne les passions.
D’après Xénon Kabamba, directeur de cabinet adjoint au ministère des Sports, les travaux sont gérés par le ministère des Infrastructures et Travaux publics. « Après les travaux, il y aura une remise technique pour les utiliser », a-t-il déclaré. Il indique que le ministre des Sports doit être informé sur l’organisation du championnat ainsi que de son règlement. Il affirme n’avoir pas été informé au préalable du démarrage du championnat national.
La Linafoot n’a-t-il pas informé le ministère des Sports ? Le ministère était informé, assure une source à Sahutiafrica. Dans sa correspondance du 4 août, le secrétariat général aux Sports avait demandé « de sursoir l’exécution du calendrier de matchs pour la saison 2023-2024 » publié par la Linafoot en entendant « la décision du gouvernement sur le rapport de la commission mixte chargé d’élaborer un format réaliste et consensuel du championnat national ».
C’est la question de la montée qui divise. Les dirigeants des clubs demandent la montée de six clubs. Pas question pour le Conor qui en propose trois et brandit le principe d’équité : s’il y a montée, il doit y avoir relégation de la première division aux divisions inférieures. « A ce stade, il y a quinze clubs qui sont prêts pour jouer la Linafoot et ont déjà payé leur frais de participation », confie une source à Sahutiafrica. Au sein de l’Adfco, le langage ne semble plus être le même.
Selon le nouveau format, les clubs sont répartis en deux groupes dont A et B. Le groupe A comprend les clubs de la zone Centre-Sud, soit le Grand Katanga et Grand Kasaï. Le second, lui, est composé des clubs de la zone Ouest et Est : Kinshasa, Equateur, Maniema, Nord et Sud-Kivu. Les quatre premiers de chaque groupe, à l’étape de la phase classique, devront se qualifier pour la phase de play-off, à l’issue de laquelle le vainqueur sera connu. Les clubs restants disputeront le play-off down pour le maintien ou la rélégation.
Trésor Mutombo

