En Gambie, des poursuites judiciaires seront lancées contre Yahya Jammeh, ancien chef de l’Etat, pour plusieurs crimes commis entre 1994 et 2017, a annoncé Dawda Jallow, ministre gambien de la Justice, au cours de la cérémonie de la création d’un parquet spécial chargé des poursuites.
Les autorités gambiennes avaient jusqu’à ce mercredi pour répondre aux recommandations de la commission de vérité, de la réconciliation et de la réparation. D’après ce rapport, Yahya Jammeh devrait être poursuivi en justice pour meurtre, torture, mais aussi pour violences sexuelles.
La commission dit avoir entendu 393 témoignages accablants de victimes et de coupables présumés. Entre 240 et 250 personnes sont mortes entre les mains de l’Etat et de ses agents sous le régime Jammeh. Il s’agit notamment de Deyda Hydara, figure de proue de la presse gambienne, abattu le 16 décembre 2004 par les hommes de Yahya Jammeh, « les broussards ».
Mais la comparution de l’ancien président, exilé en Guinée Equatoriale, devant des juges pourrait prendre beaucoup de temps. Et il n’y a aucun accord d’extradition, jusque-là, entre Malabo et Banjul.
Le 22 juillet 1994, Yahya Jammeh n’a que 29 ans lorsqu’il est à la tête d’un groupe de jeunes officiers, qui ont déposé Dawda Jawara, père de l’indépendance gambienne, sans aucune effusion du sang. M. Jammeh dirige le pays durant plus de deux décennies jusqu’à sa défaite à la présidentielle de 2016 face à Adama Barrow. Il avait refusé d’accepter sa défaite avant de s’exiler en Guinée Equatoriale sous la contrainte des forces de la Commission économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao).
Trésor Mutombo

