Aliou Bah, opposant guinéen écope de cinq ans de prison ferme pour «offense et diffamation» à l’encontre du chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya, selon la presse locale.
Il s’agit de la peine maximale prévue par la loi guinéenne pour de tels chefs d’accusation. Président du Mouvement démocratique libéral (Model), Aliou Bah avait été condamné en première instance en janvier à deux ans de prison ferme pour les mêmes faits. Cette fois-ci, il est accusé d’avoir, lors de réunions, appelé les chefs religieux guinéens à sortir de leur silence sur la situation en Guinée. Il est également reproché d’avoir qualifié d’incompétent le CNRD, l’organe dirigeant de la junte.
Selon sa défense, ces propos visent à critiquer la situation politique en Guinée et de qualifier d’incompétent les autorités actuelles. En Guinée, le procès en appel a repris mardi. C’est après avoir été reporté à trois reprises ces dernières semaines. Lors de l’ouverture de son procès en appel fin mars, Aliou Bah avait plaidé non coupable. Ce dernier a affirmé qu’il ne reconnais pas les faits qui lui sont reprochés.
Le procureur général de la Cour d’appel, Fallou Doumbouya, avait jugé la peine prononcée en première instance excessivement dérisoire. Une situation qui explique la réquisition d’une peine plus lourde.
Depuis la prise de pouvoir par les militaires en septembre 2021, les manifestations réclamant le retour à un régime civil sont régulièrement interdites. Plusieurs médias ont été fermés. Pour l’heure, le procès en appel se déroule dans un contexte politique tendu, marqué par la disparition de plusieurs opposants au régime militaire et une restriction croissante des libertés.
Ephraïm Kafuti

