La tenue d’élections censées ramener les civils au pouvoir devra être précédée d’un recensement général de la population, d’après les autorités de la transition en Guinée. Vendredi 15 avril, Mory Condé, ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, a présenté les étapes pour le retour de civils au pouvoir. C’était lors de l’ouverture du cadre de concertation inclusif.
Selon Mory Condé, « la remise du pouvoir aux civils doit être précédée du recensement général de la population, du recensement administratif à vocation d’état-civil, de l’établissement du fichier électoral, de l’élaboration de la nouvelle Constitution ».
Il affirme qu’il faudra aussi organiser « un scrutin référendaire, élaborer des textes de lois organiques avant d’organiser des élections locales puis législatives ». Ces dernières seront suivies par la mise en place des institutions nationales issues de la nouvelle Constitution. La présidentielle sera organisée en dernier lieu. Mais plusieurs organisations politiques s’y opposent. Elles accusent la junte au pouvoir de jouer la montre.
« Une transition, si vous la voulez effective, on n’a pas besoin de toutes ces étapes qui sont énumérées », a dit Édouard Zoutomou Kpoghomou, président d’un parti membre de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (Anad), cité par l’AFP. L’Anad, coalition d’une vingtaine de formations, a boycotté la conférence de réconciliation et le cadre de concertation inclusif.
En Guinée où le colonel Mamady Doumbaya, chef de la junte militaire, a déposé le président Alpha Condé le 5 septembre dernier, le chronogramme de la transition s’est fait toujours attendre. La Cédéao, qui menace de sanctionner la Guinée, exige une feuille de route de la transition pour la tenue d’élections censées ramener les civils au pouvoir. Mais pour Conakry, ce chronogramme sera fixé par le Conseil national de la transition (CNT), Parlement de transition.
Dans une lettre M. Condé a adressé une demande de proposition de chronogramme au président de l’Anad, le priant de lui transmettre au plus tard le 20 avril une proposition de temps pour chacune des dix étapes de la transition voulues par le gouvernement, rapporte l’AFP. La même source renseigne que cette lettre a été adressée à l’ensemble des partis et formations guinéens sans exception.
Investi en octobre dernier, le colonel Mamady Doumbouya a promis de remettre le pouvoir aux civils. Selon la charte de la transition, aucune autorité de la transition ne va candidater lors des prochaines élections même si la durée de cette période reste inconnue.
Trésor Mutombo

