En Guinée, une transition de trente-neuf mois proposée par la junte au pouvoir est « inadmissible », a dénoncé le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis politiques, dans un communiqué au lendemain de l’annonce du colonel Mamady Doumbouya, chef de la junte militaire.
Pour cette coalition de partis politiques, « il est inadmissible, inconcevable et inacceptable que le (CNT) entérine cette proposition de la junte qui ne repose sur aucun fondement juridique ». « L’attitude des autorités constitue une menace pour la paix et l’unité nationale du pays », déplore le FNDC.
« Ce choix est inopportun dans un contexte où les acteurs sociopolitiques exigent la mise place d’un cadre de dialogue inclusif sous la supervision de la communauté internationale », insiste cette coalition.
Le colonel Doumbouya a pourtant affirmé que cette durée est une proposition médiane et consensuelle ». Pour le président de la transition, c’est un fruit de larges et patientes consultations.
Les autorités issues du coup d’État du 5 septembre 2021 ayant renversé le président Alpha Condé, ont lancé depuis mars deux consultations politiques (une conférence dite de réconciliation et un cadre de concertation inclusif) toutes deux boudées par un grand nombre de partis politiques.
Fin mars, la Cédéao avait sommé Conakry de lui présenter au plus tard le 25 avril un calendrier de transition acceptable sous peine d’une extension des sanctions économiques.
Le chef de la junte a annoncé cette durée de la transition huit après le coup d’Etat contre Alpha Condé, ex-président. Le colonel Mamady Doumbouya a promis d’organiser d’élections censées ramener les civils au pouvoir. Et selon la charte de la transition, aucune autorité de la transition ne va candidater lors des prochaines élections.
Joe Kashama

