Alors que le Soudan est plongé dans le chaos depuis l’éclatement d’affrontements sanglants entre l’armée et les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), Volker Türk, Haut-commissaire des Nations unies appelle les pays de la région à faire pression par tous les moyens possibles pour résoudre cette crise.
Lors de l’ouverture d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève sur la situation au Soudan jeudi, Volker Türk a alerté que « les combats qui ont éclaté le 15 avril ont plongé ce pays dans la catastrophe ».
D’après lui, son bureau a reçu plusieurs rapports faisant état de violences sexuelles commises par des hommes en uniforme, ainsi que d’allégations d’exécutions illégales et de disparitions forcées. « Je saisis cette occasion pour exhorter tous les États ayant une influence dans la région à encourager, par tous les moyens possibles, la résolution de cette crise » a-t-il déclaré.
Cette réunion d’urgence du principal organe de lutte contre les violations des droits humains de l’ONU a été convoquée à la demande conjointe du Royaume-Uni, de la Norvège, des Etats-Unis et de l’Allemagne. Elle est soutenue par plusieurs dizaines de pays.
A l’issue de la réunion, les quarante-sept pays membres du Conseil des droits de l’homme vont se prononcer sur un projet de résolution demandant une cessation immédiate de la violence par toutes les parties, sans conditions préalables.
Entre-temps, l’Unicef a alerté sur le nombre effroyablement élevé d’enfants victimes des combats. M. Türk a condamné fermement cette violence gratuite, dans laquelle les deux parties ont bafoué le droit humanitaire international, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
« L’armée soudanaise a lancé des attaques dans des zones civiles densément occupées, y compris des frappes aériennes et la semaine dernière, une frappe aérienne aurait touché les environs d’un hôpital dans la zone du Nil oriental de Khartoum, tuant plusieurs civils », a-t-il ajouté.
Volker Türk dénonce le fait que « les forces paramilitaires auraient pris possession de nombreux bâtiments à Khartoum pour les utiliser comme bases opérationnelles, expulsant les résidents et lançant des attaques à partir de zones urbaines densément peuplées ».
Ces affrontements entre les camps du général Abdel Fattah al-Burhane et Mohamed Hamdane Daglo ont fait plus de 750 morts et 5.000 blessés, selon des ONG et les autorités. Au 9 mai, plus de 160.000 personnes s’étaient réfugiées dans les pays voisins tandis que le nombre de déplacés à l’intérieur du Soudan dépassait les 700.000, a rapporté l’ONU.
Mervedie Mikanu

