Près de 131 civils tués. Des viols et des pillages. Les Nations unies a, dans une enquête préliminaire, accusé les rebelles du M23 d’avoir massacré de civils à Kishishe et Bambo, deux villages situés en territoire de Rutshuru occupé par les rebelles du M23.
Selon l’Onu, ce bilan pourrait s’alourdir. Et le gouvernement congolais l’a déjà revu à la hausse autour de 300 morts. « Les victimes ont été exécutées arbitrairement par balles ou à l’aide d’armes blanches », précise la Monusco dans un communiqué. « Huit personnes ont par ailleurs été blessées par balles et 60 autres enlevées. Au moins vingt-deux femmes et cinq filles ont été violées », détaille la même source.
D’après l’Onu, il s’agit de violences commises dans le cadre d’une campagne de meurtres, de viols, d’enlèvements et de pillages contre ces deux villages du territoire de Rutshuru en représailles à des affrontements entre le M23 et des miliciens des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et autres groupes armés.
Les enquêteurs disent avoir interrogé cinquante-deux victimes et témoins directs, mais ils n’ont pas pu se rendre dans ces zones, toujours sous contrôle de rebelles. Selon l’équipe d’enquête préliminaire onusienne, des éléments du M23 auraient enterré eux-mêmes les corps de victimes dans ce qui pourrait être une tentative de destruction des preuves.
Alors qu’ils sont accusés d’avoir massacré de civils, les rebelles du M23 nient ces accusations. Dans un communiqué de son président Bertrand Bisimwa publié le week-end dernier, le mouvement rebelle a reconnu que huit civils avaient été tués, par des « balles perdues ».
Selon lui, c’était durant les affrontements qui ont opposé ses combattants à des miliciens le 29 novembre dans ce village du territoire de Rutshuru. Le mardi 6 décembre, le M23 s’est dit « prêt à commencer à se désengager et se retirer ». Même si aucun retrait n’a été observé jusqu’à présent.
Trésor Mutombo

