La tension ne faiblit pas au Mozambique, où vingt et une personnes ont trouvé la mort dans les violences post-électorales qui ont éclaté après la confirmation de la victoire de Frelimo, parti au pouvoir depuis 1975, à la présidentielle d’octobre par le Conseil constitutionnel.
Ce bilan a été livré par Pascoal Ronda, ministre mozambicain de l’Intérieur, devant un parterre de journalistes. Il fait aussi état de vingt-cinq blessés, dont treize policiers, et de « 236 actes de violences graves ».
« Des groupes d’hommes utilisant des armes blanches et des armes à feu ont mené des attaques contre des commissariats, des centres de détention et d’autres infrastructures », a rapporté le ministre Ronda. Selon lui, vingt-cinq véhicules ont été incendiés, dont deux appartenant à la police. Onze commissariats ont été attaqués dans le pays, ainsi qu’une prison de laquelle se sont échappés 86 détenus, a-t-il encore détaillé devant la presse.
Quatre postes de péages routiers, trois hôpitaux et dix sièges du Frelimo ont également été pris à partie, résultant à l’arrestation d’un total de 70 personnes, a encore précisé Pascoal Ronda.
En dépit des irrégularités soulevées par nombre d’observateurs lors du scrutin présidentiel, le Conseil constitutionnel a confirmé lundi l’élection de Daniel Chapo, candidat du Frelimo, avec 65,17% des voix.
L’opposition dénonce des fraudes massives et réclame une « justice électorale », appelant à manifester pour dénoncer la confirmation de ces résultats par le Conseil constitutionnel qu’elle juge inféodé au pouvoir.
Deux mois de manifestations, de grèves et de blocages avaient déjà coûté la vie à au moins 130 personnes, pour la plupart des manifestants tués à balles réelles, d’après l’ONG locale Plataforma Decide.
AFP/Sahutiafrica

