En grève de la faim, l’opposant Kizza Besigye a été brièvement hospitalisé suite à la détérioration de son état de santé ce lundi 17 février.
D’après Me Erias Lukwago, avocat de l’opposant, son client a été amené sous forte surveillance dans un établissement médical privé à Bugolobi. Après, M. Besigye a été ramené dans sa cellule à la prison de « Luzira ».
L’état de santé de Kizza Besigye inquiète. Winnie Byanyima, son épouse et directrice de l’ONUSIDA, affirme que « son époux ne mange pas ». « Il boit seulement de l’eau », a confié Mme Byanyima.
Enlevée en novembre dernier lors d’un déplacement au Kenya, cette figure de l’opposition est inculpée pour atteinte à la sûreté de l’Etat devant une cour martiale et encourt la peine capitale. Mais l’intéressé continue de clamer son innocence. L’opposant est apparu affaibli devant un tribunal civil vendredi, lors d’une audience pour une autre affaire, selon ses partisans.
Dimanche, le gouvernement ougandais a annoncé qu’il accélérait le transfert de son procès d’un tribunal militaire vers une cour civile. L’annonce intervient alors que l’ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, aujourd’hui figure de proue de l’opposition, poursuit une grève de la faim entamée le 10 février pour protester contre sa « détention illégale ».
« Le gouvernement accélère le transfert du cas de Besigye d’une cour martiale vers une cour civile. Le gouvernement se conforme à la décision de la Cour suprême », a déclaré Chris Baryomunsi, porte-parole du gouvernement ougandais. Il affirme avoir rendu visite à M. Besigye en prison dimanche, en présence de ses médecins personnels et lui avoir « demandé de s’alimenter à nouveau » dans l’attente du transfert.
L’ONU et plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà exprimé leurs inquiétudes concernant la répression de l’opposition en Ouganda à l’approche de l’élection présidentielle, prévue en janvier 2026.
Ephraïm Kafuti

