En Ouganda, le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise et fils du Président Yoweri Museveni, menace d’expulser les citoyens qui ne soutiendraient pas son père lors des prochaines élections présidentielles.
Dans une série de déclarations controversées sur les réseaux sociaux, le fils du Président Museveni menace l’opposition et restreint l’uniforme des femmes militaires. Il annonce une restriction vestimentaire pour les femmes militaires, leur interdisant de défiler en pantalon.
Ces déclarations, publiées sur X, ont suscité une vive indignation en Ouganda. Pour l’heure, ces déclarations alimentent les inquiétudes concernant la répression de l’opposition à l’approche de l’élection de 2026. «Ceux qui ne soutiennent pas Mzee sans réserve seront très prudents. Nous expulserons tous les traîtres.», a écrit le général Kainerugaba sur les réseaux sociaux.
Ces menaces interviennent dans un contexte déjà tendu. Les Nations Unies et des organisations de défense des droits humains ont exprimé à plusieurs reprises leur préoccupation face à la répression croissante de l’opposition en Ouganda. Le général Kainerugaba, connu pour ses prises de position agressives et ses déclarations polémiques, semble renforcer ces craintes.
Les critiques se sont intensifiées après que le chef de l’armée s’est vanté d’avoir capturé et torturé Eddie Mutwe, le garde du corps de Bobi Wine, figure de proue de l’opposition. Le ministre de la Justice, Norbert Mao, a confirmé que Mutwe avait comparu devant un tribunal avec des signes de torture. De façon alarmante, Kainerugaba a assumé «l’entière responsabilité» des actes de ses soldats, y compris le passage à tabac de Mutwe, qu’il a qualifié d’avant-goût.
Le général Kainerugaba a annoncé également une nouvelle règle vestimentaire pour les femmes militaires, stipulant qu’elles doivent désormais défiler en jupe. «Le pantalon est pour les hommes, pas pour les femmes», a-t-il déclaré.
Si les femmes soldats représentent une minorité des forces armées ougandaises (UPDF) et portent habituellement le même uniforme que leurs collègues masculins, elles sont autorisées à porter une jupe lors des occasions officielles. L’annonce de Kainerugaba soulève des questions sur la discrimination et la marginalisation des femmes au sein de l’armée.
Les déclarations du général Kainerugaba, qui est largement considéré comme l’héritier de son père à la présidence, soulèvent de graves inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie en Ouganda. Son langage menaçant et ses actions, notamment en ce qui concerne le traitement de l’opposition et les droits des femmes, suscitent une condamnation internationale croissante.
Ephraïm Kafuti

