En confirmant sa candidature à la présidentielle décembre, Martin Fayulu, opposant congolais, est le seul candidat de l’Ecide, son parti. Ses lieutenants n’ont pas pu candidater aux législatives nationales et provinciales.
Il y a quelques mois, Martin Fayulu conditionnait son retour au processus électoral par un nouvel audit du fichier électoral. Mais la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n’a pas voulu faire marche arrière. Pourquoi est-il revenu sur sa décision ? L’opposant congolais croit que sa pression a abouti.
« Les Congolais s’intéressent au fichier électoral et à la transparence des élections. Les églises catholiques et protestantes ont proposé l’audit citoyen du fichier électoral, puis la tabulation parallèle des résultats et la proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote. La communauté internationale continue d’exiger les élections transparentes », dit-il.
Malgré le fait que ses proches n’ont pas déposé leurs candidatures aux législatives nationales et provinciales, Martin Fayulu semble avoir déjà une alternative. Laquelle ?
« Le régime congolais ici, c’est un régime présidentiel. Le peuple élit le président avec son programme. On élit un homme, une femme. Et, cet homme ou cette femme, nomme un Premier ministre qui va présenter le programme à l’Assemblée nationale (…). Mais, je parlerai aux députés qui seront là. Vous allez voir que plus que la moitié des gens, qui sont candidats aujourd’hui, feront la campagne au nom de Fayulu », se convainc Martin Fayulu.
Il va déposer sa candidature ce 4 octobre. Deuxième à la présidentielle de 2018, dont il a toujours contesté les résultats, l’opposant congolais indique que ses lieutenants vont se mouiller pour lui, durant la campagne électorale. Même s’ils n’ont pas pu candidater pour son mot d’ordre.
Mais, ce retournement de situation tardif semble avoir crispé le climat au sein de l’Ecide et même de la coalition Lamuka. Certains membres disent être prêts à l’accompagner. D’autre, par contre, remettent en cause la constance du candidat déclaré dans ses positions.
Martin Fayulu a, dans son échangé avec la presse, confié avoir « demandé depuis plusieurs semaines que la Céni accepte de prendre tardivement les dossiers de ses membres candidats, députés nationaux et provinciaux, mais la Céni n’a pas plié l’échine ».
Le vendredi 14 avril dernier, à Lubumbashi, Martin Fayulu, Matata Ponyo, Moïse Katumbi et Delly Sessanga, quatre leaders de l’opposition, tous candidats déclarés à la présidentielle, s’étaient engagés, à travers une déclaration, de s’allier pour exiger « la désignation consensuelle des animateurs des organes de la Céni, la conduite urgente d’un audit externe des opérations d’identification et d’enrôlement en vue de la production d’un fichier électoral intègre, reflétant les réalités démographiques de chaque circonscription électorale ».
« Je ne suis pas obligé de faire ce que les autres font. Si nous, Lamuka, on s’était dit de faire comme eux, on n’aurait pas eu ce qu’on a, aujourd’hui », a soufflé Martin Fayulu.
En RDC, la présidentielle est censée se tenir le 20 décembre. Le président Tshisekedi entend briguer un second mandat. La liste de ses challengers s’allonge. Ce lundi, le Dr Denis Mukwege a aussi annoncé sa candidature.
Béni Bavila

