Alors que le débat sur le projet d’une révision constitutionnelle continue de diviser en RDC, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, appelle à défendre « la constitution » et dénonce une démarche « inopportune, suspecte et dangereuse ».
Le candidat malheureux de la dernière présidentielle s’est exprimé sur ce sujet à l’occasion de la fête de Noël, déplorant une tentative qui « serait un recul pour la démocratie en RDC ». Pour lui, il n’est pas question de tolérer l’intolérable. « Hier comme aujourd’hui, nous ne pouvons accepter que l’ambition de se pérenniser au pouvoir au-delà des mandats constitutionnels mette à nouveau en péril la vie de nos concitoyens et l’existence même de notre pays », a tranché le Dr Denis Mukwege.
Il trouve paradoxal le moment choisi par le président Tshisekedi pour son projet de révision de la constitution. M. Mukwege évoque la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où l’armée congolaise et les rebelles du M23. « Cette démarche est inopportune, suspecte et dangereuse », a-t-il déclaré.
Il avertit le camp présidentiel du « danger d’une déstabilisation majeure du pays ». En RDC, l’opposition s’oppose farouchement au projet de révision la loi fondamentale et elle accuse le président Tshisekedi de vouloir s’éterniser au pouvoir. En novembre dernier, Martin Fayulu et Moïse Katumbi, figures de proue de l’opposition congolaise, se sont retrouvés à Genval, en Belgique, pour discuter et unir les forces pour faire échec à ce projet.
« Il est prévisible que les désaccords périlleux que suscitera un tel forcing, dans un contexte de turbulences intérieures et régionales, fragiliseront davantage la cohésion sociale déjà ébranlée par la crise de légitimité qui a suivi les élections chaotiques et frauduleuses de décembre 2023 », craint le Dr Denis Mukwege.
Mais le président Tshisekedi n’entend pas faire marche-arrière. S’il a évoqué le sujet lors de son discours sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en congrès, il promet de nommer une commission qui va réfléchir sur l’actuelle constitution. Une loi fondamentale qu’il estime ne pas être à adapter aux réalités congolaises. A Kananga, où il séjourne depuis mardi 24 décembre, Félix Tshisekedi est revenu sur cette question controversée.
« Si vous voulez le changement de la constitution, nous allons la changer. Si vous voulez la modifier, nous allons la modifier. Si vous voulez la garder telle quelle, nous allons la garder telle quelle », a dit le président congolais.
Trésor Mutombo

