Attendu le mercredi 14 mai, le verdict de la Cour Constitutionnelle, siégeant en matière répressive sur l’affaire Bukanga Lonzo, a été reporté au 20 mai prochain, lors d’une audience publique.
La Haute Cour justifie ce report par le nombre important de pièces et de questions de droit à examiner dans le dossier RP 0002. L’attente se prolonge dans l’affaire Bukanga-Lonzo. Cette affaire de justice sensible implique Augustin Matata Ponyo, ancien Premier Ministre congolais, devenu opposant, Déogratias Mutombo, Gouverneur honoraire de la Banque Centrale du Congo, et Christo Grobler, homme d’affaires sud-africain.
Ils sont accusés d’avoir détourné plus de 280 millions de dollars Usd destinés à la mise en œuvre du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Il s’agit d’un projet censé garantir la sécurité alimentaire du pays. Les accusations portent sur un montant initial de 205 millions Usd, revu à la hausse.
Au début du mois de mars, le procès a connu des difficultés. Initialement prévu à cette période, il avait été reporté en raison de l’absence des accusés. Leurs avocats avaient invoqué un défaut de convocation. Une manœuvre dilatoire dénoncée par le procureur général John Moke Mayele, qui soulignait la nécessité de ne pas céder aux « caprices » des accusés.
Le 23 avril, Augustin Matata Ponyo a refusé de se présenter à l’audience. Il a invoqué la position de l’Assemblée nationale, la seule institution constitutionnellement habilitée à décider de la levée ou non de ses immunités parlementaires. Il a déclaré qu’il se conformerait à la décision de son institution.
L’affaire a pris une tournure politique lorsque Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a publiquement critiqué le président de la Cour Constitutionnelle. M. Kamerhe a contesté la légitimité du président de la Cour à interpréter la loi, en particulier concernant le procès de Matata Ponyo, dont les immunités de député n’avaient pas été levées au préalable. « En quelle qualité peut-il interpréter la loi ? Il est président de la Cour constitutionnelle, mais il n’est pas la Cour constitutionnelle », a déclaré Kamerhe.
Dans ce contexte de tensions institutionnelles et politiques, la Cour Constitutionnelle a finalement décidé de reporter le prononcé du verdict au 20 mai 2025.
Ephraïm Kafuti

