A Kinshasa, capitale de la RDC, des rumeurs bruissent sur un présumé réseau de kidnappeurs à bord des taxis-ketch. Ce qui suscite psychose et méfiance depuis quelques jours.
Généralement à bord des taxis, ces criminels séquestrent des gens et en font des otages. Pour certains, ils réclament une rançon avant libération. D’autres, par contre, racontent qu’ils se comporteraient en vrais médecins. Font des opérations compliquées et extraient eux-mêmes des organes vitaux, reins, cœur… pour les revendre à prix d’or dans le marché, dont ils sont les seuls à maîtriser les contours. La description des scènes ressemble à la trame des films d’horreur. Ce qui ne cesse d’agiter les réseaux sociaux.
Des kidnappeurs, qui sont-ils ?
Lundi 3 juillet, une bande de plus de 30 criminels, auteurs de ces kidnappings, a été présentée à Peter Kazadi, ministre congolais de l’Intérieur. « Quelques malfrats ont révélé leur mode opératoire. Un raconte qu’il vient de sortir de prison lorsqu’il a été recruté au sein du réseau. Ils m’ont promis monts et merveilles », confie-t-il, pointant du doigt un de ses complices. « On m’a dit que c’était un business rentable. Le plus important est seulement de savoir brouiller les pistes et faire disparaitre les indices après prélèvement des reins sur une personne. Il faut bien se débarrasser du corps », révèle-t-il.
« On se comporte souvent comme tout bon chauffeur, dès qu’un client monte dans le véhicule. On lui prend tout ce qu’il a sur lui. On procède par la menace et l’intimidation. Et, c’est efficace. On enlève les gens et généralement, on va les jeter loin de là où on les avait pris », raconte un autre devant le vice-premier ministre.
Si les civils sont les plus engagés dans ces forfaits, des policiers aussi complices ont été présentés. Ils sont près de quatre. Leur spécialité : l’extorsion et la détention arbitraire. Trois voitures de marque IST, sept motos, une arme AK47, et des machettes ont été saisies par les forces de l’ordre. Des dames, six au total, ont été aussi arrêtées. Jeunes et jolies. Membres effectifs de ce réseau, elles utilisaient leur charme comme appât, pour attirer dans les mailles de leurs filets les potentielles victimes.
Trafic d’organes ?
La police appelle « tout individu, qui reconnaît un des suspects sur les photos qui circulent sur les réseaux, de passer dans ses bureaux ». Mardi, les autorités ont annoncé des patrouilles mixtes à Kinshasa et la mise en place des check-points pour traquer ces réseaux de kidnappeurs. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion de conseil provincial de sécurité autour de la situation sécuritaire.
Patrick Nkanga, cadre du PPRD, parti d’opposition, affirme « qu’il ne faudrait pas que l’on règle politiquement une question sécuritaire et d’ordre public pour calmer l’opinion ». Pour lui, le parquet ou la police doivent expliciter les faits retenus à leurs charges.
Aucune information au sujet du trafic d’organes
Dans un tweet, Patrick Nkanga démontre « la possibilité des auteurs moraux de ces actes criminels à recruter d’autres personnes si la police ne se cantonne qu’à publier les photos ». « Dans la mesure où la piste du réseau du trafic d’organes s’avère véridique, ça veut dire que la chaîne est longue. Qui les recrute ? Où vendent-ils ces organes ? Où les gardent-ils ? Qui opèrent les extractions ? Qui sont les auteurs intellectuels de ce vaste réseau ? Si l’on se limite aux photos des présumés exécutants, les auteurs moreaux de ces infractions recruteront d’autres personnes pour les mêmes crimes », a-t-il indiqué.
Mais la police assure n’avoir aucune information au sujet du trafic d’organes. « Aucun hôpital n’a fait de telles révélations et aucune famille victime à ce jour ne s’est présentée à la police », dit-elle. Elle promet « d’intensifier les recherches et les opérations, en vue de démanteler ce réseau dit vaste et bien structuré. Et, le mettre hors d’état de nuire définitivement ».
Dinho Kazadi et Béni Bavila