A 42 ans, Floribert Anzuluni fait son entrée au gouvernement Suminwa II à la tête du ministère de l’Intégration régionale. Retour sur son parcours.
Vendredi 8 août, la RDC s’est réveillée avec un nouveau gouvernement attendu depuis plusieurs jours. Si plusieurs ministres ont conservé leurs postes, deux opposants ont intégré l’équipe gouvernementale. Adolphe Muzitu a pris le ministère du Budget, alors que Floribert Anzuluni va désormais s’occuper de l’Intégration régionale.
Anzuluni n’est pas un nom inconnu du grand public. Son parcours est marqué par quatre choses : l’exil, le secteur bancaire, l’activisme et la politique. Ce natif de Kinshasa s’est vu contraint à l’exil dès l’âge de huit ans, fuyant l’instabilité dans son pays pour s’exiler en Belgique. Ce moment d’exil lui marque et forge chez lui une conscience politique.
Fils de l’ancien président de l’Assemblée national, Floribert Anzuluni fréquente l’Université de Montréal, où il décroche un diplôme en sciences politique en 2006. Il décide de rentre dans son pays. M. Anzuluni se lance dans le secteur bancaire. Il rejoint Standard Bank. Puis, Ecobank toque à sa porte. Floribert Anzuluni devient le plus jeune directeur des risques du secteur bancaire congolais. Cette immersion lui dévoile les failles d’un système rongé par la corruption. Un constat qui va motiver son engagement citoyen. Depuis, il plonge dans l’activisme.
Floribert Anzuluni s’inspire du mouvement sénégalais « Y’en a marre », qui s’est farouchement opposé au projet de réforme constitutionnelle porté par le président Abdoulaye Wade. Il fait partie de cofondateurs aux côtés de Carbone Beni, d’Yves Makwambala et de Jean-Marie Kalonji du mouvement Filimbi. Ce dernier se donne l’objectif de réveiller la jeunesse de son pays et l’impliquer dans la vie publique.
Mais, M. Anzuluni et ses camarades font face à la répression du pouvoir. Son engagement le conduit, de nouveau, à l’exil. De là, il participe à des initiatives comme le Front citoyen 2016, mouvement opposé au glissement du président Kabila. Décembre 2015, Floribert Anzuluni réunit, loin des caméras, des leaders politiques et des mouvements citoyens africains, parmi eux, un certain Félix Tshisekedi.
Rentré d’exil en 2019, Floribert Anzuluni diversifie ses activités : entrepreneuriat, conseil en intelligence économique avec NYFALM & Associés, et lutte anticorruption avec l’ONG The Sentry. Il décide finalement de troquer sa veste d’activiste et se porte candidat à la présidentielle de 2023, remportée haut la main par le président Tshisekedi. Même si une frange de l’opposition a dénoncé « un simulacre d’élection ».
Cette figure voyante de l’activisme prend goût à la politique. Floribert Anzuluni a rencontré Casmir Eberande Kolongele lors de consultations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale en mars dernier. Toutefois, il prend la tête du ministère d’Intégration régionale dans un contexte marqué par les tensions entre Kinshasa et Kigali.
Les relations entre les deux pays, au voisinage difficile, se sont considérablement dégradées sur fond de la résurgence du M23. Depuis, la RDC et le Rwanda ont signé un accord de paix, censé mettre fin à ce conflit qui a fait des milliers de morts, sous l’égide de Washington.
Ephraïm Kafuti

