En RDC, les réactions affluent après la décision du ministère de l’Education nationale autorisant les filles enceintes de poursuivre leurs études.
Dans une note circulaire signée par la ministre Raissa Malu, cette décision s’inscrit dans une volonté de favoriser l’égalité des chances et l’inclusion scolaire. Elle entend « garantir l’accès à l’éducation pour toutes les filles, y compris celles qui tombent enceintes durant leur parcours scolaire ».
Aussitôt, l’Association nationale de parents d’élèves et étudiants du Congo (Anapeco) salue cette décision. Pour Steve Diatezwa, président de cette structure, elle met fin à une discrimination persistante. « Les filles-mères ne tombent pas enceintes toutes seules. Pendant que le garçon continue ses études, la fille est exclue. Cela crée une double injustice », a-t-il déclaré à la radio onusienne.
Cependant, cette décision n’est pas unanimement accueillie. Seth Kikuni, président du parti Piste pour le changement, y voit une banalisation de la violence sexuelle faite aux mineures. « Une fille de 15 à 17 ans enceinte est une mineure victime de viol. La maintenir à l’école, n’est-ce pas imposer une nouvelle norme sociale aux autres élèves ? » s’est-il interrogé.
Dans les témoignages recueillis, certains jeunes expriment aussi leur malaise ou partagent des souvenirs liés à ce sujet encore tabou. Un ancien élève du collège Saint-Barthélemy à Masina se souvient. « En deuxième année, une de nos camarades a été exclue parce qu’elle était enceinte. Elle avait même accouché à la maternité de l’école », a-t-il confié.
Avec cette nouvelle directive, le gouvernement congolais affirme vouloir aligner son système éducatif sur les normes internationales en matière de droits humains et de genre.
Ephraïm Kafuti

