En RDC, le gouvernement adopte un système de circulation basé sur les numéros d’immatriculation des véhicules, à Kinshasa, capitale congolaise, visant à fluidifier la circulation routière.
Cette mesure annoncée par le gouvernement provincial débute ce lundi. Les véhicules dont la plaque se termine par un chiffre impair seront autorisés à circuler les jours impairs (lundi, mercredi, vendredi). Pourtant, ceux dont la plaque se termine par un chiffre pair circuleront les jours pairs (mardi, jeudi, samedi).
Malgré des efforts antérieurs pour résoudre le problème des embouteillages chroniques, la situation reste préoccupante. Le gouvernement provincial espère que cette nouvelle initiative portera ses fruits. Mais , jusque-là, l’annonce a été accueillie avec scepticisme par de nombreux Kinois. Ce matin, les embouteillages habituels ont paralysé la ville, notamment au niveau du quartier 1 Masina sur le boulevard Lumumba. Sur place, beaucoup ont dû marcher de longues distances pour se rendre à leurs occupations.
« Quand j’ai vu le communiqué sur les réseaux sociaux, je n’y ai pas cru. Je pensais que c’était une blague, mais c’est la réalité. On est où là ?», s’indigne Arnold, un habitant de Masina, exprimant son sentiment d’incompétence envers les dirigeants provinciaux.
L’annonce de cette décision a provoqué un déluge de réactions. Un communiqué initial a fuité sur les réseaux sociaux avant d’être officiellement confirmé par le gouvernement provincial quelques heures plus tard, ajoutant à la confusion et à la frustration. Pour l’heure, l’impact de cette mesure sur la vie quotidienne des Kinois suscite de nombreuses questions.
«Je me demande, pour nous qui accompagnons les enfants à l’école, si ma plaque d’immatriculation est impaire, est-ce que mes enfants n’iront pas à l’école les jours pairs ?», s’interroge un père de famille.
Cette nouvelle mesure intervient dans un contexte de critiques croissantes envers le gouvernorat de Kinshasa concernant sa gestion de la ville. Les embouteillages sont un problème récurrent depuis des années, et les solutions proposées par les autorités sont souvent perçues comme inefficaces ou absurdes.
Récemment, le président Félix Tshisekedi a demandé une évaluation approfondie des mesures existantes pour résoudre les embouteillages en décembre dernier, signe de l’urgence et de la complexité de la situation.
«Entre celui qui proposait de réduire le nombre de passagers dans les bus et celui qui propose la circulation selon les numéros de plaques, qui a des idées éparpillées ?», ironise un jeune de 22 ans résidant à Tshangu, le district le plus peuplé de Kinshasa, faisant référence à une proposition similaire faite par un candidat gouverneur lors des élections de 2023.
Ephraïm Kafuti

