A Doha, capitale du Qatar, où elle séjourne, la délégation de la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) et de l’Eglise du Christ au Congo (Ecc) a échangé avec Mohammed bin Abdulaziz bin Saleh Al-Khulaifi, chef de la diplomatie qatarie, sur la décrispation des relations entre Kinshasa et Kigali lundi 28 avril.
Dans un communiqué publié, le ministère des Affaires étrangères du Qatar affirme que « les efforts internationaux visant à résoudre le différend entre la RDC et le Rwanda ont été abordés ». Lors de cette réunion, le diplomate qatari a réaffirmé le soutien de l’État du Qatar aux efforts déployés par la RDC pour instaurer la paix ainsi que sa position constante en faveur du règlement des conflits par le dialogue et les moyens pacifiques.
Pour Doha, ces dialogues devraient se passer dans le respect des principes du droit international, de manière à promouvoir la stabilité et à renforcer la paix et la sécurité internationales.
En fait, depuis la résurgence du M23, qui contrôle de vastes territoires dans l’est de la RDC, les relations entre la RDC et le Rwanda sont tendues. Ils s’accusent mutuellement de velléités de déstabilisation et de soutien de groupes rebelles. Kinshasa a toujours vu l’ombre de troupes rwandaises derrière le M23, dénonçant une agression du Rwanda pour faire main basse sur ses ressources minières.
De son côté, le gouvernement rwandais se borne à rejeter ces accusations, accusant l’armée congolaise de collaborer avec les FDLR, impliqués dans le génocide de 1994. Pour l’heure, sous l’égide de Washington, Kinshasa et Kigali, en brouille sur fond de résurgence de la rébellion du M23, s’engagent à respecter leur souveraineté respective.
Vendredi, la cérémonie de la déclaration de principes entre Thérèse Kayikwamba, ministre congolaise des Affaires étrangères, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe, a polarisé l’attention. Ce document pose les bases d’un processus de paix structuré, intégrant des engagements fermes en matière de souveraineté, de sécurité, de coopération économique régionale, de retour des déplacés et de soutien à la Monusco.
En RDC, la Cenco et l’Ecc sont porteuses du projet « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». Les deux confessions religieuses affirment leur engagement à mobiliser la population congolaise pour la paix et à renforcer la cohésion sociale dans un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est de la RDC et pour la stabilité dans les Grands Lacs.
Josaphat Mayi

