RDC: Libération de l’évêque Mukuna faute de preuve probante sur les trois griefs d’accusation

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Accusé notamment pour viol, détention illégale d’arme à feu et rétention de documents parcellaires, l’évêque Mukuna, un prédicateur qui a pignon sur rue à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a été libéré lundi 25 août de la prison de Makala.

Une libération diversement commentée à Kinshasa. Pour les spécialistes du droit, le dossier ne pouvait pas aller plus loin lorsqu’on l’analyse techniquement.
Selon des avocats du barreau de Kinshasa Gombe que nous avons consulté, l’affaire Pascal Mukuna contre Mamie Bilomba démontre que la question du viol est un sujet délicat. Tout se joue au niveau de l’administration de la preuve.

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Dans le dossier, il y a la question du viol, sujet principale. Hors, pour parler du viol, il faut qu’il y ait des traces évidentes d’un recours à la violence, à la force. Mais surtout, qu’on puisse avoir les éléments qui attestent que la victime a été contrainte par la force et qu’elle s’est débattue. Pour Mukuna et sa victime présumée, ces éléments font défaut.

Du coup, selon les spécialistes du droit, il y a un raccordement avec la question de la détention illégale d’arme. L’arme intervient pour faire allusion au fait que l’évêque Pascal Mukuna aurait contrait Mamie Tshibola à avoir des rapports sexuels sous la pression d’une arme qu’il détiendrait. Investigation faite, c’est élément est aussi tombé, sous l’aspect de l’utilisation de la contrainte ou de la violence. La victime présumée, aurait donc eu plusieurs rapports sexuels avec l’évêque.

La question de la rétention des documents parcellaires est aussi tombée, parce que l’avocat qui détient les documents en question a affirmé à la Cour que Pascal Mukuna ne les détenait pas.
C’est ce qui fait que, au niveau de l’administration de la preuve, il a été difficile d’accréditée la thèse du viol, sur une personne adulte qui s’est présentée plusieurs fois à des rendez-vous avec son bourreau présumé.
La question de la vidéo, filmée par la victime peut être considérée comme un moyen de pression qu’elle aurait voulu utiliser pour aboutir à ses fins. Un élément qu’on peut utiliser soit pour faire du chantage ou faire pression psychologiquement auprès d’une personne lorsqu’on l’a filmé dans des situations compromettantes.

Au niveau techniquement du droit, les spécialistes s’accordent qu’il a été difficile d’établir la culpabilité de l’évêque Mukuna sur l’accusation du viol dans l’administration de la preuve. Au niveau moral et de l’éthique, cela est une autre affaire.
Arrêté le 13 mai 2020, l’évêque Pascal Mukuna, responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa est libre.

Jacques Matand’

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