Après avoir remporté le prix de l’Engagement littéraire africain 2025 lors du Festival international du livre gabonais et des arts (Filiga) à Libreville, l’écrivain Christian Gombo rêve grand pour la littérature congolaise.
« Ce prix m’a surpris. Je ne m’y attendais pas », glisse Christian Gombo. Pour lui, ce prix symbolise bien plus que son seul parcours. Economiste de formation, cet écrivain congolais a un parcours qui force l’admiration.
Alors qu’il évoluait dans le secteur bancaire, Christian Gombo a décidé de tout quitter en 2017. Depuis, il a consacré son temps et son énergie à la littérature congolaise, devenant une référence. Il a aussi remporté plusieurs prix, dont deux Mikanda Awards en 2017 avec son livre « Les fables de Christian Gombo illustrées par Crebix Mozalisi ».
Connu pour ses textes qui racontent l’actualité congolaise avec un ton satirique sur Sahutiafrica dénommés « Carnet de Christian Gombo », l’écrivain affirme que « cette récompense revient à tous ceux qui l’aident à porter la voix de la littérature congolaise ». Motards, chauffeurs de taxi, agents de police, libraires, bouquinistes, membres d’associations littéraires ou encore maisons d’édition locales : une mosaïque de soutiens souvent discrets mais essentiels. Tous, dit-il, « méritent ce prix, car ils rendent le rêve littéraire possible, même dans les conditions les plus précaires. »
Dans un contexte africain où la démocratie reste en chantier, Christian Gombo voit dans l’écriture un acte de résistance et de témoignage. Il estime que « l’écrivain engagé est celui qui capte les réalités de son peuple, les interroge et les transmet avec sincérité même lorsque ces vérités dérangent ». Pour lui, écrire, c’est traduire la vie, questionner la société et proposer un autre imaginaire.
Refusant le repli individuel, il appelle à une solidarité entre artistes pour faire front aux défis du continent. Il dénonce les industries destructrices qui prospèrent, alors que tant de populations manquent encore de besoins élémentaires. « L’artiste ne peut pas se taire, il doit s’unir pour porter une voix commune contre les injustices et pour un monde plus humain », affirme Christian Gombo.
Ce nouveau prix, loin de représenter un aboutissement, impose désormais de nouvelles responsabilités. Christian Gombo y voit un appel à intensifier son engagement, notamment pour structurer la chaîne du livre en RDC. Il milite pour la création d’infrastructures littéraires durables, pour un marché du livre plus viable et pour une politique publique en faveur de la lecture et de l’édition locale.
« Ce que nous faisons aujourd’hui peut sembler minime, mais ce sont ces petits efforts cumulés qui, un jour, bâtiront un véritable écosystème littéraire congolais », se convainc Christian Gombo. Son objectif ? Faire du livre un outil de transformation sociale à portée de tous et non un luxe.
Ephraïm Kafuti

