En détention, l’opposant Ousmane Sonko, 49 ans, ne faiblit pas la pression et reprend sa grève de la faim, selon Me Ciré Clédor Ly, un de ses avocats.
« Nous ne pouvons que recourir aux moyens de résistance que notre situation actuelle permet. C’est pourquoi j’ai décidé de reprendre ma grève de la faim », a déclaré l’opposant sur ses pages Facebook et X.
Ousmane Sonko est détenu depuis fin juillet sous divers chefs d’inculpation, dont l’appel à l’insurrection. À travers cette décision, l’homme politique veut marquer sa solidarité avec les autres militants injustement arrêtés pour avoir exprimé leurs opinions politiques, détenus, et aujourd’hui privés, pour certains, de tout contact avec leurs proches pour avoir mené une grève de la faim.
Il souhaite aussi protester contre sa détention arbitraire et électoraliste, et celle de centaines de patriotes, et en exiger la fin, a-t-il écrit.
M. Sonko a été déclaré coupable, le 1ᵉʳ juin, de débauche de mineure et condamné à deux ans de prison ferme. Ayant refusé de se présenter au procès, il a été condamné par contumace puis radié des listes.
En fin juillet, il a été écroué sous d’autres chefs d’inculpation, dont appel à l’insurrection, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et atteinte à la sûreté de l’Etat.
Candidat à la présidentielle de février 2024, Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, accuse le président Macky Sall, qui s’en défend, de vouloir l’écarter du scrutin par des procédures judiciaires. M. Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, a annoncé début juillet ne pas se représenter.
Vendredi, un magistrat d’un tribunal d’instance de Ziguinchor (sud) a ordonné que M. Sonko soit rétabli sur les listes électorales, dont il a été radié, ouvrant une nouvelle page dans le feuilleton judiciaire qui l’oppose à l’Etat et tient le Sénégal en haleine depuis deux ans et demi.
Ce rétablissement permettrait a priori à M. Sonko d’espérer concourir à la présidentielle, bien que sa candidature soit loin d’être garantie.
Mervedie Mikanu

