Mardi 29 mars, les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude face aux tensions croissantes au Soudan du Sud et ont appelé toutes les parties à respecter l’accord de paix de 2018. La confrontation militaire a creusé les fissures entre les factions fidèles au président Salva Kiir et au vice-président Riek Machar. Et les deux parties accusent chacune d’avoir lancé les attaques.
« Nous appelons les deux parties à respecter pleinement leurs obligations en vertu de l’accord de paix existant et notons que la rhétorique incendiaire est contre-productive et doit cesser immédiatement », a dit Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine. Il appelle M. Kiir et M. Machar à faire tout leur possible pour désamorcer les tensions.
« Les deux parties portent la responsabilité de la détérioration de la situation. Ni l’un ni l’autre n’ont fait des efforts de bonne foi pour mettre en œuvre les dispositions de l’accord de paix revitalisé. De nombreux autres dirigeants politiques ne s’acquittaient pas non plus de leurs responsabilités officielles et que beaucoup se livraient à la violence politique et violaient autrement la lettre et l’esprit de l’accord de paix », a-t-il ajouté.
Récemment, des affrontements ont éclaté entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) et l’Armée populaire de libération du Soudan/Mouvement de l’opposition (SPLA/M-IO) de Riek Machar, vice-président sud-soudanais dans les Etats du Haut-Nil et de l’Unité.
Après l’indépendance du Soudan en 2011, Salva Kiir et Riek Machar avaient plongé leur pays, dans une sanglante guerre civile, qui a fait près de 400.000 morts et 4 millions de déplacés, entre 2013 et 2018. Elle a pris fin officiellement en septembre 2018 avec un accord de paix actant un principe de partage du pouvoir.
Mais cet accord reste largement inappliqué plus de deux ans après l’entrée en fonctions, en février 2020, d’un gouvernement d’union nationale. Le pays est en proie aux violences, à la faim et à une crise économique marquée par une inflation galopante.
Asaph Mawonda

