Au Soudan du Sud, plusieurs hauts responsables sont impliqués dans de graves atrocités commises contre des civils, selon un rapport d’experts onusiens publié ce lundi 3 avril.
Pour eux, ils devraient être inculpés. Joseph Monytil, gouverneur de l’Etat septentrional de l’Unité et Thio Chany Reat, lieutenant général des Forces de défense du peuple sud-soudanais, sont impliqués dans les meurtres commis dans le comté de Mayom en aout 2022 durant lesquels quatre officiers rebelles capturés ont été sommairement exécutés par les troupes gouvernementales.
Trois ont été tués par un peloton d’exécution et un quatrième a été brûlé vif dans une hutte, renseigne la même source. Les experts onusiens pointent aussi Gordon Koang, commissaire du comté de Koch, dans le nord du pays, accusé d’avoir mené des attaques contre des civils dans un comté voisin entre février et avril 2022.
Pour Yasmin Sooka, présidente de cette commission d’enquête onusienne, leurs conclusions ont « constamment montré que l’impunité pour les crimes graves est un moteur central de la violence et de la misère auxquelles sont confrontés les civils au Soudan du Sud ».
« Nous avons donc pris l’initiative de nommer davantage d’individus qui justifient une enquête pénale et des poursuites pour leur rôle dans des violations flagrantes des droits de l’homme », dit-elle.
Mais les autorités de Juba ont accusé la commission de l’ONU d’ingérence dans ses affaires nationales et ont rejeté les précédentes conclusions du panel, composé de trois membres. L’Union africaine a promis un tribunal pour poursuivre les responsables de graves crimes de guerre et rendre justice aux victimes, mais il n’a jamais vu le jour.
Depuis son accession à l’indépendance 2011, le Soudan du Sud a sombré dans une guerre civile entre les ennemis jurés Riek Machar et Salva Kiir, qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés entre 2013 et 2018. Un accord de paix signé en 2018 prévoit le principe d’un partage du pouvoir au sein d’un gouvernement d’union nationale, avec M. Kiir au poste de président et M. Machar à celui de vice-président.
La Rédaction

