Alors que Kinshasa et Kigali sont toujours sous tension depuis la résurgence de la rébellion du M23, les Etats-Unis appellent à la désescalade.
Après quelques mois d’accalmie, les combats ont éclaté entre les groupes d’autodéfense « Wazalendo » et les rebelles du M23 dans le territoire de Rusthuru. Lundi, Antony Blinken, secrétaire d’Etat américain, a eu un échange téléphonique avec le président Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame. Sur la table ? La situation instable à la frontière entre les deux pays, selon le département d’État.
Matthew Miller, porte-parole du département d’Etat, confie que M. Blinken a plaidé en faveur d’une solution diplomatique aux tensions entre les deux pays, dont les relations ne ressemblent pas à un fleuve tranquille depuis plus de deux décennies. En fait, la RDC accuse le Rwanda de l’agresser à travers le M23 qu’elle qualifie de mouvement terroriste. Des accusations que le Rwanda a toujours niées. Pourtant, les experts onusiens l’ont attesté dans un rapport confidentiel.
Mais, Washington exhorte chaque partie à prendre des mesures pour désamorcer la situation, y compris le retrait des troupes de la frontière.
Samedi 4 novembre, à l’issue d’un sommet extraordinaire de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC), João Lourenço, médiateur désigné dans la crise RDC-Rwanda, a été chargé de redoubler d’efforts pour tenter de rapprocher Kinshasa et Kigali en brouille. Les dirigeants de l’Afrique australe ont aussi évoqué l’envoi d’une force régionale de la SADC pour remplacer celle de la communauté Est-Africaine, très critiquée d’être passive face au M23.
Sur le terrain, les armes résonnent. Ce mardi, un calme précaire règne dans les groupements de Kibumba et Buhumba dans le territoire de Nyiragongo, près de Goma, où les Fardc et les rebelles du M23 se sont affrontés lundi, selon des sources. Si jusque-là, l’armée n’a pas réagi sur l’évolution de la situation, le général Christian Tshiwewe, chef d’état-major de l’armée congolaise, est arrivé à Goma lundi dans la soirée.
Entre-temps, la situation humanitaire se détériore. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), près de 200.000 personnes ont fui leur domicile à la suite de la reprise des combats dans les territoires de Masisi et Rusthuru depuis le 1ᵉʳ octobre dernier.
Trésor Mutombo

