Rached Ghannouchi, président du Parlement, a été convoqué par la justice ce vendredi 1er avril. C’est après la tenue d’une séance plénière mercredi malgré le gel des activités du Parlement par le président Kais Saied.
Selon Imed Khemiri, député et porte-parole d’Ennahdha, « la justice l’accuse d’avoir comploté contre la sûreté de l’Etat, ce qui est un précédent dangereux ». Il n’a pas précisé le tribunal qui l’a convoqué.
Jeudi, une enquête judiciaire a été ouverte contre les députés ayant participé à la séance en ligne, d’après le ministère de la Justice. Plus de 30 députés ont reçu une convocation de la brigade antiterroriste, a confié Rached Ghannouchi cité par l’AFP. Il rejette la dissolution du Parlement. Pour lui, « cette décision est contraire à la Constitution ».
Le climat politique reste crispé en Tunisie. Le président Saied et celui du parlement sont en bras de fer. Mercredi, le président tunisien a dissous le Parlement. Une décision annoncée quelques heures après la tenue d’une réunion virtuelle de 120 députés, à l’appel d’une instance de direction du Parlement. Lors de cette réunion, 116 députés ont voté pour annuler les mesures exceptionnelles prises le président tunisien.
Selon ces députés, les mesures d’exceptionnelles de Kais Saied bloquent le processus démocratique dans le pays. En juillet, le président tunisien avait gelé les activités et limogé le Premier ministre. Il a dissous le Conseil suprême de la magistrature, en s’octroyant le plein pouvoir après plusieurs mois de blocage politique. Depuis, le pays semble plongé dans une crise politique et socio-économique.
Trésor Mutombo

