Arrêtés depuis lundi 24 mai au camp militaire de Kati à Bamako, capitale du Mali, Bah N’daw, président de la transition, et Moctar Ouane, premier ministre malien, démissionnent mercredi 26 mai. Des sources confient que le colonel Assimi Goïta, vice-président et homme fort de l’ex-junte militaire, prendra la présidence de la transition. Le poste du vice-président de la transition qu’il occupe va rester vacant.
Avant d’annoncer leur démission, les deux dirigeants ont échangé avec une délégation de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali). Le Président de transition au Mali et son Premier ministre ont également discuté avec la délégation de l’Union africaine (UA). «Lorsque nous sommes arrivés, ils ont lu leur lettre de démission qui était déjà prête », a confié une source diplomatique à RFI. Elle affirme qu’il ne peut pas exclure qu’ils aient démissionné sous la contrainte».
«Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement», a déclaré Baba Cissé, conseiller spécial du colonel Assimi Goïta, à l’AFP.
Une mission de médiation internationale séjourne depuis mardi 25 mai au Mali. Elle est conduite par Goodluck Jonathan, médiateur de la Cédeao et ancien président du Nigéria. Depuis lundi 24 mai, le climat politique est tendu au Mali. La formation du nouveau gouvernement est au cœur de la tension. Le colonel Assimi Goïta a affirmé avoir déchargé Bah N’daw et Moctar Ouane de leurs prérogatives. Il accuse ces deux personnalités de « sabotage de la transition ». Mais il promet la tenue des élections en 2022 comme prévue. Le colonel Assimi Goïta a aussi indiqué qu’il n’a pas été consulté avant la formation de ce gouvernement.
«Si le président de la transition et le chef du gouvernement démissionnent, nous serons finalement retomber sur les évènements d’août 2020 où on se retrouve avec un pays qui n’est pas dirigé. Donc une désorganisation totale des institutions de la République», a prévenu Étienne Fabaka Sissoko, spécialiste du Mali, à Sahuti Africa.
Trésor Mutombo

