Des hommes d’affaires, deux Libanais et un Palestinien sont détenus au secret par l’Agence nationale de renseignement (ANR), selon Africa Intelligence. Cette source rapporte que ces trois hommes auraient déclaré aux services de sécurité congolais qu’ils entendaient lancer un projet de construction d’une usine agroalimentaire à Kinshasa, capitale congolaise. Qui sont ces détenus étrangers de l’ANR ?
Un nom ouvre cette liste de ces détenus étrangers de l’ANR qui semble s’allonger : Mahmoud Bahja, homme d’affaire libanais. D’après Africa Intelligence, l’homme d’affaire a réapparu, en RDC 20 ans, plus tard. « C’est après avoir été, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’un des employés de Imad Abdul Reda Bakri », précise cette source.
Pourtant, Imad Abdul Reda Bakri, homme d’affaires libanais, qui était propriétaire de la société Metro Trading Company, spécialisée dans l’import-export de denrées alimentaires, est « connu pour avoir fait commerce des diamants angolais et congolais à Anvers dans les années 1990 ». Cet homme d’affaires est aussi présenté, dans des documents soumis en 2001 par plusieurs panels d’experts au Conseil de sécurité des Nations unies, « comme un courtier en armement au profit de la rébellion angolaise de Jonas Savimbi ».
Le président congolais a été averti du dossier par les services de sécurité, qui ont été alertés par un pan du passé de Mahmoud Bahja, relate Africa Intelligence. Mais M. Bahja n’est pas le seul à être placé derrière les barreaux. Deux autres personnes, qui l’accompagnent n’ont pas échappé à l’ANR, qui est sous tutelle du président Félix Tshisekedi.
Khalid El Bayoud, ressortissant palestinien, est aussi détenu dans le secret. C’est le Palestinien, qui voyage avec un titre d’identité octroyé par le Liban à destination des réfugiés palestiniens établis sur son sol, renseigne Afrique Intelligence.
Youssef Hachem, né à Saïda au Liban en 1992, c’est le troisième voisin de cellule de Mahmoud Bahja. Selon notre source, il a deux passeports. L’un Libanais, l’autre Gabonais. Ce dernier a été délivré en août 2020, dans lequel il se fait appeler Youssef Hachem Ratanga.
A Port-Gentil où il a un domicile, M. Hachem possède une société nommée Avenue Suarl, qu’il a enregistrée au registre du commerce en 2015, détaille Africa Intelligence, qui indique que « son profil pourrait s’avérer sensible pour Kinshasa, l’intéressé étant lié selon nos informations à l’entourage de Najib Mikati, président du conseil des ministres du Liban ».
Avant leur arrestation, ces trois hommes ont séjourné à Kikwit, dans l’ouest de la RDC, où ils prétendent être allés pour se fournir pour leur projet avant d’être arrêtés. Mais cela intervient alors que François Beya, conseiller spécial en matière de sécurité du président Tshisekedi, reste toujours en détention à l’ANR. Selon Kasongo Mwema, porte-parole du président congolais, « les événements ayant conduit à l’interpellation de M. Beya, il s’agit d’une affaire relevant de la sûreté de l’État ».
La Rédaction

