Le Parlement tunisien suspendu va se réunir en séance plénière mercredi 30 mars pour abolir les mesures exceptionnelles prises par le chef d’Etat tunisien Kais Saied, qui a suspendu la chambre basse et s’est arrogé les pleins pouvoirs. C’est ce qu’a annoncé le bureau de l’Assemblée nationale dans un communiqué publié lundi 28 mars.
Selon le communiqué, la chambre des représentants va tenir également une autre session le week-end pour discuter des conditions financières, économiques et sociales dans le pays.
« Nous appelons tous les parlementaires à assumer leur responsabilité historique de trouver une issue à la crise. En organisant une session plénière consultative pour discuter des solutions constitutionnelles qui mettront fin aux mesures exceptionnelles. L’objectif est d’établir les bases d’un dialogue national qui débouchera sur un véritable redressement de trajectoire et débouchera sur des élections législatives et présidentielle anticipées. Afin que le peuple retrouve sa souveraineté par les urnes », ont déclaré les députés dans un communiqué.
La session vise également toutes les décisions prises par le président Saied sur le gel des activités de la législature. Mais aussi de la suspension de l’immunité des législateurs.
« Le Président de la république a suspendu des chapitres de la Constitution, il a commencé à dissoudre les organes élus. Il a également commencé à changer les bases du système politique unilatéralement et en dehors du cadre constitutionnel et légal. Le président a utilisé les moyens de l’Etat pour promouvoir son projet politique et l’imposer à tous. Il s’est permis d’attaquer ses adversaires et de porter de graves accusations contre eux sans preuves », ont ajouté les législateurs.
Le week-end dernier, Kais Saied a affirmé aux députés que toute décision prise en dehors de la législature sera nulle. « Ceux qui veulent se rencontrer en dehors de l’espace, il y a une navette dans l’espace où ils peuvent se rencontrer s’ils le souhaitent. Le Parlement est figé et toute décision prise en dehors de ce cadre est une décision hors de l’espace, de l’histoire, de la géographie et ceux qui rêvent d’un retour vers le passé sont délirants », a-t-il dit lors de la rencontre avec les parlementaires.
La Rédaction

