Les nouveaux membres du Parlement ont prêté serment à Mogadiscio, capitale somalienne sous haute sécurité jeudi 14 avril. C’est après des élections longtemps repoussées et un scrutin chaotique marqué par des violences. Mais également une lutte de pouvoir entre le président Mohamed Abdullahi Mohamed et son Premier ministre Mohamed Hussein Roble.
Les deux chambres doivent voter pour élire un président, mais aucune date n’a encore été choisie.
« Nous avons dû faire face à des défis et à des tentatives de nous empêcher d’arriver à ce jour-là. Mais je suis très heureux d’assister à cela aujourd’hui », a dit le Premier ministre Mohamed Hussein Roble pendant la cérémonie. Il félicite les nouveaux législateurs et espère qu’ils vont aider le pays à surmonter la situation difficile actuelle.
Le chef d’Etat Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a pour sa part qualifié l’événement d’historique.
Selon le complexe système électoral somalien, les assemblées des Etats et des délégués investis par une myriade de clans et de sous-clans choisissent les législateurs qui, à leur tour, désignent le président.
La rivalité entre MM. Roble et Farmajo a perturbé les élections, menaçant d’instabilité le pays qui attend depuis plus d’un an une élection présidentielle et connaît un regain d’activité des islamistes radicaux Shebaab.
Le bras de fer public au sommet de l’exécutif a connu différents épisodes ces derniers mois. Le président avait notamment suspendu les pouvoirs de son Premier ministre et fait craindre que le pays ne bascule dans la guerre civile.
Le mandat du président Farmajo est arrivé à échéance en février 2021 sans qu’il soit parvenu à organiser un scrutin, plongeant le pays dans une profonde crise politique.
Fin mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité de prolonger jusqu’à fin 2024 la mission de l’UA en Somalie (Amisom), dans une mission reconfigurée et rebaptisée Mission de transition en Somalie (Atmis).
L’Amisom a chassé les islamistes radicaux shebaab des principales villes du pays, dont la capitale Mogadiscio en 2011. Ce qui avait permis l’installation d’un gouvernement et d’institutions fédérales ainsi que la tenue de deux cycles d’élections (2012, 2017).
AFP/Sahutiafrica

