Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre devenu sénateur, a été désigné comme candidat de Leadership et gouvernance pour le développement (LGD), son parti, pour la présidentielle de 2023. Mais il est soupçonné d’avoir détourné les fonds alloués au projet Bukanga Lonzo. Des accusations qu’il nie. Comment interpréter l’annonce de sa candidature à moins d’un an du scrutin ?
« Il semble que Matata Ponyo veut profiter de cette candidature pour essayer de se protéger. Il est poursuivi à priori, mais il n’est pas du tout mis en cause totalement. C’est comme ça qu’il interprète les choses. D’où l’annonce de sa candidature », analyse à Sahutiafrica le professeur Placide Mabaka Mukwabuhika, analyste politique congolais.
Pour l’analyste, « Matata Ponyo veut mettre un peu tous les bénéfices de son côté pour dire, si jamais, je suis poursuivi, c’est parce que je suis le potentiel adversaire de celui qui est au pouvoir ».
« C’est une façon de mettre la pression sur le pouvoir en place et la justice d’ailleurs. On peut considérer ça comme un petit chantage. Il est un peu dans la victimologie », argue-t-il.
« C’est presque le même discours dans ce qui se passe avec Moise Katumbi. Si je peux faire un raisonnement par analogie avec, notamment la fameuse proposition de loi sur la Congolité de Noël Tshani porté par le député Nsingi Pululu. On veut faire ceci parce que je suis prétendant à telle fonction. Donc, comme je suis un adversaire, le pouvoir craint. Du coup, on veut m’écarter, en utilisant telle ou telle astuce », explique le professeur Mabaka.
Matata Ponyo a affiché son ambition à l’issue du premier congrès de son parti mardi 3 mai. L’homme à la cravate rouge et aux lunettes à fine monture dit avoir refusé d’adhérer à l’Union sacrée, coalition du président Tshisekedi. L’ancien Premier ministre, 57 ans, est dans le viseur la justice. Mais à chaque fois, il dénonce un acharnement politique à son encontre.
Lundi 2 mai, le procureur général près de la Cour de Cassation a déclaré que les arrêts de la Cour constitutionnelle n’ayant pas désigné le juge compétent, la Cour de cassation ne peut pas non plus juger M. Matata. Une décision qui a sans doute réjoui l’ancien Premier ministre, même s’il n’est pas à l’abri d’un rebondissement dans cette affaire.
Trésor Mutombo

