« Nous n’étions pas encore prêts. Je me demandais ce que je ferai pour résoudre ce problème. C’est comme si le ministre était entré dans mes pensées », confie Célestine, veuve et mère de 4 enfants. Elle semble être soulagée par l’annonce du gouvernement congolais de renvoyer à une date ultérieure les épreuves du baccalauréat.
D’après le ministère congolais de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), le calendrier de toutes les évaluations de certifications a été réaménagé pour des raisons de transports aériens.
Ça tombe bien
Ce report permet à Célestine, de taille imposante, de mieux préparer ses deux enfants finalistes. « J’ai deux enfants finalistes qui étudient dans différentes écoles. Chacune de ces deux écoles a ses exigences et je ne me suis acquittée que dans une seule école. Je fais de tout mon possible pour en finir avec ce qui reste », explique-t-elle. Elle se débrouille dans son commerce de pain, pour répondre aux besoins de sa petite famille.
Cette décision du gouvernement tourne aussi en faveur de Flora Makanda, candidate aux épreuves de baccalauréat et de petite taille. Les yeux braqués sur son téléphone portable, elle discute avec ses amis sur cette nouvelle. « Les temps sont durs. Ça tombe bien que le ministre ait reporté la session ordinaire de l’examen d’Etat. Cela va me permettre de régulariser ma situation financière à l’école et puis de m’acheter les accessoires qu’il me faut », souffle-t-elle avec un léger sourire. Elle est vraiment toute contente.
La nouvelle ne m’a pas plu
Si certaines personnes sont satisfaites de cette nouvelle, d’autres par contre sont dérangées. « J’en ai marre d’étudier. Je meurs d’envie d’en finir une bonne fois pour toutes. Nous y étions presque. Mais une semaine de plus vient d’être ajoutée. Toutefois, on n’y peut rien, ce jour finira par arriver », se plaint Frida Lutonadio, la vingtaine.
Bien que confuse, elle révise ses notes devant leur parcelle. « La nouvelle ne m’a pas plu », lâche-t-elle.
« Les enfants qui s’apprêtaient déjà à affronter leurs examens vont se fatiguer à le faire. Les enfants se diront qu’il y a encore du temps or ce n’est pas le cas. Ceci peut affecter leur mental. Il fallait les reporter bien avant au lieu de le faire à l’approche des épreuves », regrette Philippe Masamuna, père de famille et la cinquantaine révolue.
Les épreuves des examens d’Etat (Exetat) étaient initialement prévues du 11 au 14 juillet. Ce réaménagement concerne également les épreuves d’Examen national de fin d’études primaires (Enafep), initialement prévues pour le 23 et 24 juin elles sont renvoyées du 5 au 6 juillet prochain. Il en est de même pour le test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOP) finalistes de l’éducation de base ; ces examens sont fixés du 14 au 15 juillet.
Mervedie Mikanu

