Tchad : des groupes rebelles reprennent les négociations de paix à Doha

Vendredi 22 juillet, plusieurs groupes rebelles et leurs alliés politiques tchadiens ayant suspendu leur participation à des pourparlers de paix à Doha, la semaine dernière ont annoncé qu’ils reprenaient les discussions avec la junte militaire au pouvoir. 

« Nous avons eu des discussions avec le médiateur à qui nous avons fait part de nos griefs par écrit et nous avons eu toutes les réponses », a indiqué samedi à l’AFP le colonel Adoum Yacoub, porte-parole d’un groupe comprenant 19 mouvements sur la cinquantaine qui négocient depuis plus de quatre mois dans la capitale du Qatar. 

Ils avaient dénoncé le choix de la date du 20 août fixant la tenue du dialogue national inclusif pris sans aucune consultation, affirmant qu’il s’agissait d’une tentative d’exclure de nombreux groupes armés du dialogue. 

« On a parlé de vive voix avec le médiateur jeudi à l’hôtel pendant plus de quatre heures, ce qui nous a conduit à lever notre suspension et donner une nouvelle chance aux négociations », a rapporté à l’AFP Brahim Hissein, membre de la délégation à Doha et chargé des relations extérieures de la représentation du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). 

Abderamane Koulamallah, porte-parole de la junte, a salué de son côté « la clairvoyance de [ses] frères ». 

Jeudi, le médiateur qatari a remis aux différents mouvements rebelles et au gouvernement tchadien un projet d’accord de paix. 

« Il y a deux, trois points à discuter, nous n’allons pas brader nos convictions, mais c’est une bonne base », a réagi auprès de l’AFP Mahamat Mahdi Ali, leader du FACT, l’un des principaux groupes armés à l’origine de l’attaque qui a conduit à la mort le 19 avril 2021 du maréchal Idriss Déby Itno, qui dirigeait d’une main de fer le Tchad depuis 30 ans. 

Le 16 juillet dernier, une vingtaine de groupes rebelles avait décidé de suspendre sa participation aux discussions en accusant le régime tchadien de « harcèlement, achat de conscience, intimidations, menaces, désinformation ». 

Depuis le 13 mars 2022, les groupes rebelles au nombre de 52 ont entamé sous l’égide du Qatar des pourparlers de paix avec le gouvernement tchadien pour aboutir à la tenue d’un dialogue national inclusif censé ouvrir la voie aux élections. 

Dès les premiers jours, le nouvel homme fort tchadien avait été adoubé par la communauté internationale, la France, l’Union européenne et l’Union africaine en tête, son armée étant l’un des piliers de la guerre contre les djihadistes dans le Sahel au côté des troupes françaises de l’opération Barkhane. 

Toutefois, Paris, l’UE et l’UA avaient demandé que le premier délai de 18 mois ne soit pas prolongé. 

Les 18 mois sont censés s’achever en octobre 2022, mais des élections présidentielle et législatives sont difficiles à organiser dans un délai aussi court. 

Le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde et le gouvernement a déclaré que les pourparlers visaient à mettre fin à des décennies de troubles et d’instabilité dans ce pays de 16 millions d’habitants. 

AFP/Sahutiafrica 

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