Le processus de libération de quarante-neuf militaires ivoiriens arrêtés le mois dernier à l’aéroport de Bamako, capitale du Mali, va prendre du temps, a déclaré Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres mercredi 3 août.
Il affirme tout de même que « tout est mis en œuvre pour que ces soldats rejoignent leurs familles ». Le porte-parole du gouvernement invite la population à faire confiance à l’Etat, « car même si le processus sera peut-être long, un dénouement heureux sera obtenu ».
« La Côte d’Ivoire a privilégié le dialogue pour obtenir leur libération », explique Amadou Coulibaly. Il assure que « les discussions sont en cours ».
Au cours d’une réception des membres de familles de ces soldats faits prisonniers à Bamako, Téné Birahima Ouattara, ministre ivoirien de la Défense, a déclaré « qu’ils avaient été envoyés au Mali dans le cadre d’une mission réglementaire et n’avaient pas fauté ». « Le Mali et la Côte d’Ivoire ont pour ennemi commun le terrorisme et un même combat, lui, faire front », a-t-il rappelé.
« Nous comptons sur vous (le gouvernement) pour la libération de nos enfants, je suis sûr qu’ils sont plus inquiets que nous », espère Alfred Kouassi, porte-parole des familles.
C’est depuis trois semaines que quarante-neuf militaires ivoiriens sont incarcérés au Mali. Ce dernier les accuse de tentative de déstabilisation. Mais selon la Côte d’Ivoire, ces militaires étaient au Mali dans le cadre d’opérations de soutien logistique à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et leur présence était bien connue des autorités maliennes.
Pour faciliter le dialogue, le Togo a été choisi comme médiateur. Les premières négociations, le 28 juillet, à Lomé n’ont pas permis d’enregistrer de progrès. D’après des sources diplomatiques, le Mali exige notamment que la Côte d’Ivoire reconnaisse sa responsabilité et exprime « des regrets pour ce déploiement fait hors du cadre légal ».
Bamako exige aussi l’extradition de personnalités maliennes recherchées par la justice qui se sont en Côte d’Ivoire, renseignent les mêmes sources. Autant de conditions rejetées par le gouvernement ivoirien.
Dinho Kazadi

