Le général Abdel-Fattah Al-Burhan, chef du Conseil de souveraineté soudanais, se réjouit «d’une véritable entente entre civils et militaires» après la signature d’un accord-cadre censé sortir le Soudan de l’impasse politique.
Le Soudan est-il sur une voie de sortie de crise ? Le général Al-Burhan s’en convainc. Pour lui, l’accord-cadre signé lundi n’est pas un consentement bilatéral. En fait, le président du Soudan déplore la désinformation médiatique qui attise les désaccords entre les Comités de la résistance et le Bloc démocratiques.
« Il y a eu, donc, une entente sur des questions précises et non pas un accord bilatéral entre civils et militaires », déclare le chef du Conseil de souveraineté soudanais à la chaîne turque TRT Arabi. Le général Al-Burhane affirme que les parties ont décidé de s’entendre pour traiter de questions problématiques.
De quoi s’agit-il ? Le chef de la junte soudanaise salue d’abord « l’esprit d’entente qui a prévalu dans les discussions sur les questions se rapportant à la période de transition ». « Le débat sera ouvert sur ces sujets pour aboutir à des conclusions qui formeront les principes de la Constitution transitoire », dit le général Al-Burhane.
« L’accord conclu a touché à de véritables problèmes qui ne concernent pas uniquement une partie ou une autre, mais dont l’examen attentif révèle qu’il s’agit de questions fondamentales qui intéressent le Soudan en entier », indique-t-il.
Lundi 5 décembre, l’accord cadre a été signé par le général Burhane, le commandant paramilitaire Mohamed Hamdan Daglo ainsi que plusieurs groupes civils, notamment les Forces pour la liberté et le changement (FFC) qui ont été évincées lors du coup d’État. Ce document a été négocié en présence de responsables des Nations unies, de diplomates occidentaux ainsi que d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, selon la FFC.
La signature s’est déroulée en présence du représentant spécial de l’ONU, Volker Perthes, et celui de l’Union africaine, Mohamed Belaish. La signature de cet accord intervient après de multiples tentatives pour sortir de l’impasse.
Le 25 octobre 2021. Ce jour-là, le général Abdel-Fattah Al-Burhane a évincé les dirigeants civils. Et le pays plonge dans une crise politique. Seulement 3 ans après la chute du président Omar el-Béchir. Depuis, des manifestations quasi hebdomadaires contre le putsch ont lieu au Soudan, confronté à la crise économique et à la montée de la violence inter-ethnique. Cet accord suscite l’espoir, même s’il est contesté par certaines parties.
Trésor Mutombo

