Le Soudan, où des dizaines de personnes ont péri dans un raid de l’armée, est-il au bord d’une guerre civile ? Les Nations unies s’inquiètent pour la région de la Corne de l’Afrique, déjà instable, alors que le chaos perdure dans le pays.
Pour l’Onu, le Soudan est au bord d’une guerre civile totale, potentiellement déstabilisatrice pour toute la région. En fait, cette déclaration est intervenue après des civils ont été tuées dans un quartier résidentiel de Khartoum, la capitale, ciblé par des frappes aériennes de l’armée.
L’organisation onusienne plaide pour les propositions de l’Igad, bloc de l’Afrique de l’Est. Cet organe sous-régional réunit des dirigeants des quatre pays à Addis-Abeba ce lundi à la manœuvre sur le dossier soudanais. Selon un responsable de l’Igad, cité par l’AFP, les deux généraux en guerre avaient été invités, affirmant toutefois qu’ils pourraient envoyer des lieutenants.
Entre-temps, le Soudan est plongé dans un conflit armé sanglant et meurtrier qui a éclaté il y a trois mois. L’armée dirigée par le général Al-Burhan et les Forces paramilitaires de soutien (FSR) du général Hamdane Daglo s’affrontent dans les rues de Khartoum. Bilan ? Déjà près de 3.000 morts recensés. Près de trois millions de Soudanais ont été forcés de quitter leur maison, dont plus de 600.000 pour l’étranger, principalement l’Egypte au nord et le Tchad à l’ouest, tant les exactions venues des deux camps se multiplient, d’après l’Onu.
Samedi dernier, le bombardement, survenu samedi le quartier de Dar al-Salam à Omdourman, la banlieue nord-ouest de la capitale, a fait vingt-deux morts, rapporte le ministère de la Santé. Des images publiées par le ministère montrent des corps, dont certains ont des membres déchiquetés qui dépassent de draps jetés à la va-vie pour les couvrir, gisant au sol. Plusieurs femmes figurent parmi les victimes.
Les FSR dénoncent « la perte tragique de plus de trente-et-une vies et de nombreux », alors que l’armée a, dans un communiqué dimanche, assuré que ses « forces aériennes n’avaient visé aucun objectif samedi à Omdourman ». Même si des habitants, cités par l’AFP, ont évoqué de nouveau frappe de l’armée de l’air dans le centre de Khartoum aux abords du palais présidentiel.
Depuis le 15 avril, le général Burhane n’a été filmé que deux fois avec ses hommes et le général Daglo n’est apparu que quelques secondes dans une vidéo tournée par ses troupes. Les deux hommes n’interviennent plus que par messages sonores ou médias interposés.
Mais jusque-là, les négociations sous l’égide des Etats-Unis et l’Arabie Saoudite marchent à pas de tortue. Elles ont accouché que de trêves temporaires, quasiment jamais respectées. Dimanche, l’Egypte a annoncé qu’elle accueillerait un sommet des voisins du Soudan le jeudi 13 juillet pour examiner « les moyens de mettre fin au conflit » et à ses « répercussions » sur les pays voisins, selon un communiqué de la présidence.
Trésor Mutombo

