Cosma Wilungula Balongelwa, ancien directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), sort de son silence après les sanctions du département d’Etat américain contre lui et deux autres de ses anciens collaborateurs.
Dans un communiqué publié mercredi 16 août dernier, le département d’Etat américain affirme que ces trois responsables congolais sont « inéligibles à l’entrée aux États-Unis en raison de leur implication dans des actes de corruption importants. En tant que fonctionnaires responsables de la protection des espèces sauvages, ils ont abusé de leurs postes officiels en s’impliquant dans le trafic de chimpanzés, de gorilles, d’okapis et d’autres espèces sauvages protégées de la RDC, principalement vers la République populaire de Chine, en échange de pots-de-vin ».
Dans une interview exclusive à Sahutiafrica.net, Cosma Wilungula Balongelwa, affirme être « victime des accusations d’être resté proche de l’ancien président Joseph Kabila. Je ne suis pas dans le positionnement des partis politiques. Et j’ai servi la République comme un haut Fonctionnaire et Technicien », affirme-t-il. Mais avant les sanctions américaines, l’ancien DG de l’ICCN a été suspendu par la ministre de l’Environnement pour mauvaise gestion et une mauvaise affectation des fonds.
« J’ai été officiel et jamais exploitant ou commerçant de la faune. À mon titre, je n’ai jamais signé un permis de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages en voie d’extinction (CITES) ou autorisé la sortie d’un animal quelconque. Ceux qui ont leur quota, ont droit d’obtenir des permis auprès des services attitrés pour les espèces de l’annexe 2, concernées par le quota », explique l’ancien DG de l’ICCN.
Bien plus, « les animaux pour lesquels ces sanctions ont été prises sont de l’annexe 1. C’est-à-dire, ils ne peuvent faire l’objet d’aucune transaction. Ils n’ont pas des prix commerciaux à part les échanges scientifiques entre établissements scientifiquement enregistrés au niveau du Secrétariat Général de Cites à Genève en Suisse. Or, au niveau de Cites aucun mouvements d’animaux n’est documenté depuis plus de 20 ans entre la RDC et la Chine. Comment expliquer alors ces sanctions », s’interroge Cosma Wilungula Balongelwa. Pour lui, les accusations du département d’Etat américain ne tiennent pas à la lumière d’une analyse rigoureuse.
« En plus ces espèces : Okapis, chimpanzés et gorilles sont gérés et bien surveillés au monde via des organisations installées en Europe et aux États Unis. Aucun okapi ne peut quitter l’Afrique pour la Chine », insiste l’ancien DG de l’ICCN. Il précise que « le nombre d’okapi au monde en dehors de la RDC est bien connu ». D’après lui, si un pays a besoin d’un okapi, c’est l’organisation internationale présidée par M. John Lucas, Américain, qui décidera de lui donner.
« La RDC ne joue que le rôle de facilitation entre les pays concernés. Et pour les grands singes, gorilles et chimpanzés, il y a également une autre organisation appelée Grasp qui fait la police mondiale et les différents pays s’organisent. Ces animaux ne quittent plus la RDC depuis des années pour aller dans tout autres pays », se défend Cosma Wilungula Balongelwa. Et pour ce qui est de « la corruption, dont le département d’Etat américain évoque, rien n’est dit sur les acteurs encore les lieux ou les banques qui ont été utilisées ».
« Donc, toutes ces accusations et sanctions sont dénuées de sens pour un responsable comme moi avec mon assistant le Professeur Augustin Ngumbi… », tranche l’ancien directeur général de l’ICCN.
Alimasi Kambale

