La médaille d’or aux championnats d’Afrique dans la catégorie de 57kg, sa qualification pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, son ambition pour le rendez-vous parisien et le rêve d’offrir une médaille olympique à la RDC. Entretien exclusif de Marcelat Sakobi, boxeuse congolaise, à Sahutiafrica.
Dakar, capitale du Sénégal. Jeudi 14 septembre. Souriante et soulagée après son combat face à la Nigériane Jojo Joy. Marcelat Sakobi tient sa qualification pour les JO. Même si elle s’est contentée de la médaille d’argent dans ce tournoi qualificatif. Battue en finale par la revancharde Khouloud Hlimi, boxeuse tunisienne. C’était une retrouvaille entre les étoiles africaines de la catégorie de 57 Kg. Près d’un mois avant ce combat, Sakobi avait remporté l’or, à Yaoundé au Cameroun, aux Championnats d’Afrique de boxe face à Hlmi.

A 27 ans, ce pugiliste, née à Kinshasa, capitale congolaise, établit un record. Lequel ? Marcelat Sakobi devient, dans les deux versions : hommes et dames, la première à se qualifier pour deux olympiades de suite. Mais, elle se sait attendue et a déjà débuté sa préparation. Sans doute, elle a, ces dernières années, médité sur son expérience japonaise à Tokyo lors de la précédente édition, éliminée aux 16es de finale après sa défaite aux points face à la Philippine Nesthy Petecio. En 2023, la boxeuse congolaise est sur un nuage. Et, pour les JO de Paris, Marcelat Sakobi continue de nourrir son rêve : offrir enfin une médaille olympique à la RDC, son pays. Entretien.
Sahutiafrica : A Yaoundé, vous avez remporté la médaille d’or avec la reconquête de votre ceinture de championne d’Afrique. A Dakar, c’est une nouvelle qualification pour les J.O. Comment avez-vous vécu tous ces instants ?
Marcelat Sakobi : J’ai vécu tous ces moments avec beaucoup d’émotions et de joie. J’ai rencontré les meilleures de ma catégorie, mais j’ai démontré ma classe. Je suis la meilleure.
SA : Peut-on dire que Marcelat Sakobi marche sur l’eau ?
MS : Non, il ne faut pas penser que les victoires de cette année peuvent me faire perdre la tête. Je suis championne d’Afrique depuis 2017. J’étais qualifiée aux JO de Tokyo 2020. Ce qu’il faut reconnaître est que 2023 est aussi une bonne année pour moi. Parce que j’ai reconquis mon titre de championne d’Afrique. J’étais médaillée d’or. Et, je viens d’arracher de haute lutte ma qualification pour les JO Paris 2024.
SA : Surtout votre victoire face à la Tunisienne Khouloud Hlimi en finale des championnats d’Afrique ?
MS : Oui, Hlimi est une des meilleures boxeuses africaines de ma catégorie. J’ai eu des grands combats avec elle. Mais, je l’ai gagné au Cameroun. Ça m’a fait beaucoup du bien surtout en capital confiance.
SA : Pour la reconquête de votre ceinture et cette nouvelle qualification, quel a été votre secret ?
MS : Mon secret reste bien entendu le travail. Rien que le travail. Je suis consciente que dans l’équipe nationale congolaise, nous n’avons pas les conditions que d’autres boxeuses, qui sont dans leurs équipes nationales. D’autres effectuent des stages en dehors de l’Afrique. Cela, au lieu de me décourager, ça constitue un défi de plus. Une motivation supplémentaire pour que je me donne davantage. Si elles ont des moyens et des conditions, la RDC a les meilleurs techniciens de boxe, qui nous encadrent. D’où, j’en profite au maximum.
SA : Qu’est-ce que vous vous êtes dit après cette nouvelle qualification pour les J.O de Paris ?
MS : J’exprime ma détermination à ramener à la RDC la première médaille des jeux olympiques. Mais, tout dépend de moi. Il y a l’État congolais et les efforts de mon manager.
SA : Quelle leçon avez-vous tirée de l’expérience de Tokyo 2020 ?
MS : La préparation ainsi que la motivation n’étaient pas à la hauteur des enjeux. C’est pourquoi, cette fois-ci, le gouvernement, le Comité olympique congolais (COC), la Fédération congolaise de boxe et mon équipe managériale doivent tout faire pour me placer dans un véritable camp d’entraînement.
SA : A Paris, la RDC peut-elle espérer ou s’attendre une médaille ?
MS : Pourquoi pas. Mais, il ne faut pas rêver. Les conditions de travail ainsi que la motivation sont les deux éléments les plus déterminants.
Entretien réalisé par Trésor Mutombo

