L’opposant sénégalais détenu Ousmane Sonko, qui a repris il y a huit jours une grève de la faim, est « très affaibli » et se trouve dans une unité de soins intensifs, a déclaré mercredi à l’AFP l’un de ses avocats.
M. Sonko est brièvement tombé dans le coma le 23 octobre, a indiqué Cire Clédor Ly, précisant qu’il avait pu s’entretenir avec l’homme politique la veille. Il a déclaré que Sonko avait repris connaissance le même jour, mais qu’il restait fragile.
« La situation est alarmante : les médecins lui donnent un traitement qu’il ne peut pas refuser », a déclaré Clédor Ly. « Je lance un appel solennel au chef de l’Etat car il a les moyens de mettre fin à cette situation », a-t-il ajouté.
Sonko, qui compte se présenter à l’élection présidentielle de février, a accusé le président Macky Sall d’avoir utilisé des procédures judiciaires pour torpiller sa carrière politique – une accusation que le président nie. Sonko a fait face à une série de batailles juridiques au cours des deux dernières années.
Il a été arrêté et emprisonné en juillet pour une série d’accusations, notamment fomentation d’insurrection, association criminelle en relation avec une entreprise terroriste et atteinte à la sécurité de l’État à la suite d’incidents remontant à 2021.
Il a entamé une grève de la faim le 30 juillet mais l’a interrompue le 2 septembre à la demande de chefs religieux influents, selon ses proches. Il avait déjà été admis dans une unité de soins intensifs en août mais avait repris la grève le 17 octobre. En mai, il a été condamné à six mois de prison avec sursis dans une affaire de diffamation.
Le 1er juin, il a été condamné par contumace à deux ans de prison pour corruption morale d’un jeune, déclenchant des affrontements meurtriers. Son nom a été rayé des listes électorales à la suite de cette condamnation.
Un juge s’est prononcé la semaine dernière contre sa radiation des listes, mais il n’est toujours pas garanti qu’il puisse se présenter l’année prochaine.
La Direction générale des élections a refusé de lui délivrer des formulaires de parrainage, arguant que la décision du juge n’était « pas définitive ». Le président Sall a annoncé en juillet qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, ce qui aurait été, selon beaucoup, inconstitutionnel.
AFP/Sahutiafrica

