Le président comorien Azali Assoumani, qui espère remporter un troisième mandat le week-end prochain, a salué lundi son bilan en matière de maintien de la paix et de construction de routes et d’hôpitaux dans ce pays frappé par la pauvreté.
L’opposition est divisée entre ceux qui veulent des élections et ceux qui appellent au boycott, laissant le camp Assoumani espérer une victoire au premier tour. « Depuis mon retour au pouvoir en 2016, nous avons maintenu la paix et la sécurité, permettant le démarrage des projets sanitaires et routiers », a déclaré le chef de l’Etat sortant lors d’une conférence de presse au palais présidentiel.
Il a souligné que les Comoriens dépensent au total près de 30,5 millions d’euros (33,5 millions de dollars) chaque année « en soins médicaux à l’étranger ».
Le plus grand hôpital du pays, El-Maarouf, au nord de la capitale Moroni, devrait être inauguré au premier semestre de cette année. Environ 45 pour cent des 870 000 habitants de l’archipel de l’océan Indien vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.
Chaque année, de nombreux Comoriens meurent dans des naufrages de petits bateaux alors qu’ils tentent de rejoindre les îles françaises voisines de Mayotte dans l’espoir, entre autres, de recevoir des soins médicaux.
Une manifestation appelant au boycott du vote est prévue mardi à Moroni, mais de telles manifestations de contestation politique sont rarement autorisées dans le pays.
« Des policiers et gendarmes non armés seront à proximité des bureaux de vote. L’armée sera à proximité en cas de troubles », a prévenu lundi le président. « Comment un candidat peut-il se permettre de s’immiscer dans l’organisation des élections ? », s’est insurgé Salim Issa Abdillah, candidat du parti d’opposition Juwa.
Assoumani, 65 ans, qui est également l’actuel président de l’Union africaine, a dirigé le pays d’une main de fer et nombre de ses opposants ont été jetés en prison ou contraints à l’exil.
Quelque 340 000 électeurs sont attendus dimanche aux urnes pour une élection présidentielle à laquelle six candidats se présentent.
AFP/Sahutiafrica

