Tanzanie/Affaire du viol collectif : quatre personnes le banc des accusés

Ce mardi 20 août, quatre hommes vont être jugés jusqu’à vendredi à Dodoma dans une affaire de viol collectif qui a suscité l’indignation en Tanzanie après la révélation d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, a annoncé lundi un responsable du parquet.

 

Arrêtés le 9 août, les quatre prévenus ont été entendus à huis-clos lundi par un tribunal de la capitale Dodoma. « Aujourd’hui, les suspects ont comparu devant le tribunal pour deux chefs d’accusation : viol collectif et sodomie sur la jeune fille. Ils ont plaidé non-coupable de ces chefs d’accusation mais, comme le prévoit la loi, nous allons poursuivre avec les prochaines étapes de la procédure », a déclaré à la presse le directeur-adjoint des poursuites pénales, Renatus Mkude, à l’issue de l’audition.

 

« En raison du caractère unique de l’affaire, elle sera entendue pendant quatre jours consécutifs jusqu’à vendredi », a-t-il déclaré, en appelant la population à « rester calme pendant que se déroule le processus judiciaire ».

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Cette agression a été révélée après un message posté sur X le 4 août par Boniface Jacob, ancien maire d’Ubungo, un district de la capitale économique Dar es Salaam, évoquant ce viol filmé, en taguant la présidente Samia Suluhu Hassan et la police nationale.

 

Il affirmait que ce viol collectif avait eu lieu à Dar es Salaam et que les agresseurs étaient, sans donner de preuves, des soldats de l’armée tanzanienne. Après enquête, la police a affirmé que les faits se sont déroulés en mai à Dodoma, mais sans donner de détails sur les fonctions occupées par les hommes impliqués.

 

Lundi, la police a présenté ses excuses après des déclarations de la commandante de la police régionale de Dodoma, Theopista Mallya, qui a affirmé dans un journal local que la victime était « une travailleuse du sexe » et que les faits avaient été commis par des « ivrognes ordinaires ».

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« Le fait que quelqu’un se livre au travail du sexe justifie-t-il d’être soumis à des actes de violence comme le viol ? », s’est notamment indignée l’ONG Centre juridique et des droits humains dans un communiqué.

 

La militante Maria Sarungi a accusé la police de vouloir dissimuler l’implication de soldats. « La police semble vouloir écarter cette affaire comme si ces hommes n’étaient que des ivrognes +ordinaires+ qui violent une prostituée – donc c’est OK ? », a-t-elle posté sur X, ajoutant : « Un viol est un viol ! ». La police a annoncé la mutation de Mme Mallya, rappelée au QG de la police.

 

AFP/Sahutiafrica

 

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