Tunisie : le Parlement vote le projet de loi électorale

En Tunisie, le Parlement a adopté vendredi 27 septembre le projet de loi électorale neuf jours avant la présidentielle.

 

Selon la presse locale, le projet de loi prive le Tribunal administratif de son pouvoir de trancher les litiges électoraux. Il devrait être adopté par une assemblée élue en 2022 avec un taux de participation de 11%. C’est après que le président Saïed a dissous la précédente.

 

Les députés déclarent avoir proposé ce projet de loi parce qu’ils estiment que le Tribunal administratif n’était plus neutre. Pour eux, il pouvait annuler les élections et plonger la Tunisie dans le chaos et un vide constitutionnel.

 

Alors qu’un important contingent de policiers érigeait des barrières de fer pour bloquer l’accès au Parlement, des dizaines de manifestants brandissaient des pancartes dénonçant l’assassinat de la démocratie et une élection truquée.  Certains ont scandé « Dictateur Saied… votre tour est arrivé !».

Lire aussi :  Tunisie : l'opposant Rached Ghannouchi condamné à trois ans de prison

 

« Nous assistons à la prise de contrôle de l’État quelques jours avant le scrutin. Nous sommes au sommet de l’absurdité et du pouvoir d’un seul homme », a dit l’activiste politique Chaima Issa.

 

En Tunisie, le tribunal administratif est largement considéré comme le dernier organe judiciaire indépendant, après que M.  Saïed a dissous le Conseil supérieur de la magistrature et limogé des dizaines de juges en 2022. Ce mois-ci, le tribunal a ordonné que la commission électorale ait décidé de réintégrer les candidats présidentiels disqualifiés.

 

Il affirme que la légitimité de l’élection du 6 octobre était en question. Mais jusque-là, la commission a défié le tribunal et n’a autorisé que deux candidats à se présenter contre Kaïs Saïed.

Lire aussi :  En Tunisie, HRW dénonce des abus grave contre les migrants africains

 

La semaine dernière, le candidat à la présidence Ayachi Zammel a été condamné à 20 mois de prison pour falsification de bulletins de soutien populaire, et mercredi à six mois supplémentaires pour falsification de documents.

 

Abir Moussi, chef du Parti constitutionnel libre, est emprisonné depuis l’année dernière pour atteinte à la sécurité publique. De son côté, un autre homme politique de premier plan, Lotfi Mraihi, a été emprisonné cette année pour avoir acheté des voix en 2019.

 

Élu démocratiquement en 2019, Kaïs Saïed a resserré son emprise sur le pouvoir. Depuis 2021, il a commencé à gouverner par décret. Il s’agit d’une démarche que l’opposition a décrite comme un coup d’État.

 

Josaphat Mayi

Les plus lus

Est de la RDC : l’UA appelle au retrait de rebelles du M23 à Bukavu

Les combattants du M23 alliés à des troupes rwandaises ont pris le contrôle dimanche de Bukavu, grande ville de l'est de la République démocratique...

Ouganda : un ministre échappe à une tentative d’assassinat

Katumba Wamala, ministre ougandais des Travaux publics et des Transports, échappe à un attentat à Kampala, capitale de l’Ouganda, ce mardi 1er juin. Il...

Libye : des manifestants prolongent le délai de fermeture des installations pétrolières et gazières

Vendredi 12 janvier, des manifestants libyens ont prolongé le délai de la fermeture de deux installations pétrolières et gazières, situées près de Tripoli, capitale...

Maroc/Football : Noussair Mazraoui signe à Manchester United

A 26 ans, Noussair Mazraoui, international marocain, rejoint le Manchester United pour les cinq prochaines saisons.   Son transfert a été conclu après plusieurs semaines de...

Des inondations meurtrières frappent le centre du Nigeria

Près de 88 morts. Tel est le bilan des inondations qui frappent le centre du Nigeria après des pluies torrentielles, selon un responsable des...

Sur le même thème

Madagascar : les manifestants ne faiblissent pas la pression

Ce mardi 30 septembre, des centaines de protestataires se sont rassemblés à Antananarivo pour réclamer le départ du président Andry Rajoelina, essuyant des tirs...

Burkina Faso : Ibrahim Traoré confirme l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens

Dimanche 28 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition au Burkina Faso, a confirmé l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens pour avoir franchi...

Présidentielle au Cameroun : début de la campagne électorale

Au Cameroun, où le scrutin présidentiel est prévu le 12 octobre, la campagne électorale s’est offerte ce week-end avec les rassemblements politiques des principaux.   Le...

Ouganda : Bobi Wine célèbre la validation de sa candidature à la présidentielle

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine a célébré la validation de sa candidature pour la présidentielle de janvier 2026 lors d’une manifestation à Kampala, la...

RDC : «je continue de considérer Vital Kamerhe comme un allié…» (Félix Tshisekedi)

Au lendemain de la démission de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale, le président Tshisekedi assure qu’il le considère toujours « comme son...