Le gouvernement tanzanien a suspendu les publications en ligne du groupe de presse Mwananchi pour une durée de 30 jours suite à la diffusion d’une vidéo d’animation, critiquant la présidente Samia Suluhu Hassan.
Il s’agit d’un clip diffusé par le quotidien The Citizen, appartenant au groupe Mwananchi. Ce clip met en scène la présidente confrontée à des informations anxiogènes sur des meurtres, des enlèvements et des disparitions, faisant écho aux critiques de groupes de défense des droits humains qui dénoncent une répression croissante en Tanzanie.
L’Autorité de régulation des communications (TCRA) a justifié la suspension, en arguant que la vidéo a apporté « des interprétations négatives pour la nation, ce qui affecte et sape l’unité nationale, la paix et la cohésion ».
Le groupe Mwananchi a depuis retiré la vidéo, affirmant que son intention initiale était différente de la « mauvaise interprétation » qu’elle a suscitée.
Cette décision du gouvernement suscite des inquiétudes quant à la liberté de la presse en Tanzanie. Le principal parti d’opposition, Chadema, accuse les autorités d’une répression accrue à l’approche des élections locales de novembre et des élections générales de fin 2025.
La présidente Hassan, qui avait initialement montré des signes d’ouverture démocratique en rouvrant des médias interdits, fait face à des critiques grandissantes l’accusant de revenir aux pratiques autoritaires de son prédécesseur John Magufuli.
Ephraïm Kafuti

