Alors que les autorités ont annoncé des mesures pour renforcer le contrôle des médias, la presse en ligne tchadienne a exprimé son inquiétude sur cette décision lundi 14 octobre.
Dans un communiqué, l’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) exprime ses préoccupations après des annonces du président de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), Abderamane Barka. Selon la presse locale, ce dernier semble indiquer une volonté de restreindre les activités des médias en ligne.
Il s’agit d’une décision qui intervient avant les prochaines élections législatives et communales prévues le 29 décembre prochain.
« Désormais, tout journal privé, imprimé ou en ligne, qui diffuserait des productions sonores ou audiovisuelles, au lieu de se limiter à ses articles écrits, verra sa parution suspendue, de même pour tous les médias privés qui utilisent des pages Facebook avec des insignes de leurs organes pour diffuser d’autres informations que les contenus originaux », a déclaré le président de la Hama lors d’un séminaire avec la presse, la semaine dernière.
Pour l’Association de la presse en ligne tchadienne, le pays s’achemine vers le dernier sacre de l’illégitimité complète du régime. C’est après un référendum factice ayant imposé une constitution rejetée et une élection présidentielle calamiteuse, dont les procès-verbaux portant les résultats ne sont jamais arrivés, et n’ont pas été compilés et comptés.
Si dans son discours, il a plaidé pour un assainissement continu du paysage médiatique tchadien à rebours des tendances au désordre entretenu de l’information, l’AMET estime que les mesures annoncées semblent aller au-delà du cadre légal interviennent dans un contexte de détérioration du climat politique, sécuritaire et de rétrécissement de liberté de presse au Tchad.
Au Tchad, trois ans après avoir été proclamé chef de l’Etat par l’armée après la mort de son père, tué au front, Mahamat Idriss Déby a été élu président le 6 mai dernier. C’était après un scrutin boycotté par une partie de l’opposition.
Samedi dernier, la télévision d’Etat a annoncé le remplacement du ministre de la sécurité Mahamat Charfadine Margui. Il est remplacé par le général Ali Ahmat Akhabache, dans le cadre d’un remaniement gouvernemental limité.
Cette décision est intervenue de suite à l’assassinat d’un ex-commandant des renseignements généraux et de son fils. En fait, ils ont été abattus par des hommes armés non identifiés. Une décision qui a poussé les autorités à émettre, la semaine dernière, un ordre opérationnel pour sécuriser la ville de N’Djamena et procéder à des fouilles systématiques pour retrouver des armes.
Entre-temps, des militaires lourdement armés ont ensuite été déployés sur le terrain pour mener ces fouilles dans différents quartiers de la capitale.
Josaphat Mayi

