Au Burundi, le silence du gouvernement sur l’épidémie de mpox indigne

Le gouvernement burundais ne communique plus sur l’épidémie de mpox depuis des mois alors que la maladie est présente dans presque tout le pays, se sont indignés mardi auprès de l’AFP un médecin et des journalistes.

 

En septembre, le Burundi était le deuxième pays le plus touché du continent par la maladie, après la République démocratique du Congo. « La gestion du mpox en cours au Burundi par les autorités est catastrophique, irresponsable et criminelle », s’est indigné un médecin burundais qui a requis l’anonymat.

 

Les autorités « ont choisi de se voiler la face, de cacher la progression de cette épidémie qui touche aujourd’hui presque tous les districts sanitaires du pays », a-t-il ajouté auprès de l’AFP. Le praticien accuse l’Etat d’avoir interdit au ministère de la Santé de continuer à publier les statistiques.

 

Des données datant du 13 décembre, qu’il s’est procurées et a transmis à l’AFP, indiquent que 50% des 5.339 cas suspects testés entre le début de l’épidémie au Burundi le 25 juillet et le 12 décembre se sont révélés positifs.

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La maladie a été détectée dans 46 des 49 districts sanitaires du pays, avec un foyer principal à Bujumbura qui compte 60% des cas recensés dans le pays. Une personne est décédée, selon le document.

 

« Le fait qu’on découvre une dizaine de cas chaque jour, que des dizaines de cas suspects ne sont pas testés ou disparaissent dans la nature vient confirmer le fait que l’épidémie (…) n’est pas du tout maîtrisée au Burundi, au contraire », a insisté le médecin.

 

Le médecin a exhorté les autorités à accepter d’utiliser les vaccins contre le mpox proposés par les agences internationales, « ce qu’elles ont jusqu’à présent refusé ». Depuis des mois, « le ministère de la Santé (…) nous refuse l’accès aux centres de traitement des malades », a ajouté à l’AFP un responsable d’une radio privée locale, sous couvert d’anonymat.

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« Le gouvernement ne parle plus du mpox » et n’impose plus de mesures sanitaires dans les lieux de rencontre, a renchéri un autre journaliste. Sollicités par l’AFP, ni le ministère de la Santé ni le bureau de l’OMS au Burundi n’ont réagi.

 

Le mpox, appelé auparavant variole du singe, est une maladie virale qui se propage de l’animal à l’homme mais se transmet aussi entre humains, provoquant fièvre, douleurs musculaires et lésions cutanées. L’OMS avait déclenché en août son plus haut degré d’alerte au niveau international face à la résurgence des cas en Afrique.

 

Lors d’un briefing à la presse fin novembre, l’agence sanitaire Africa CDC avait salué « la gestion des cas » dans le pays, tout en déplorant « la faiblesse de la prévention et de la surveillance », favorisant leur augmentation.

 

AFP/Sahutiafrica

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