Karim Khan, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), séjourne à Kinshasa, capitale congolaise, depuis la nuit du lundi 24 février, sur fond de crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, contrôlent les deux principales villes.
A Kinshasa, le procureur de la CPI a un agenda marathon. Il doit échanger avec le président Tshisekedi. Il devra aussi rencontrer des ministres et Bintou Keita, représentante du secrétaire général de l’Onu en RDC, mais aussi des victimes ainsi que des membres de la société civile.
Karim Khan affirme vouloir passer un message clair. Lequel ? « Aucun groupe armé, aucune force armée, aucun allié d’un groupe armé ou d’une force armée n’a de chèque en blanc. Ils doivent respecter le droit international humanitaire », a-t-il lâché.
Il exprime son inquiétude après des récents développements au Congo, où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. Si une relative accalmie s’observe ces derniers jours, les rebelles du M23-AFC poursuivent leur percée. Depuis, ils ont pris le contrôle de Goma et de Bukavu.
Pour le procureur de la CPI, il faut percevoir que le droit est appliqué. « Nous allons voir si le droit international humanitaire peut supporter les exigences des populations de RDC, à savoir l’application uniforme de la loi », a dit Karim Khan.
En 2023, le bureau du procureur de la CPI avait ouvert une nouvelle enquête sur des allégations de crimes commis depuis janvier 2022 dans la province du Nord-Kivu.
Après la reprise des hostilités, la situation humanitaire s’est considérablement dégradée. Des sources onusiennes ont fait état de plus de 3.000 morts causées lors de la prise de Goma par les rebelles. Depuis la résurgence du conflit, Kinshasa accuse Kigali de soutenir la rébellion. Si le Rwanda l’a toujours nié, des rapports d’experts onusiens l’avaient attesté.
Kigali fait face à une forte pression internationale. Le week-end dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution condamnant le soutien du Rwanda au M23. Les autorités de Kigali ont été appelées à retirer leurs troupes du territoire congolais.
La Rédaction

