Au Soudan du Sud, l’Onu appelle au calme, alors que le climat politique se crispe sur fond de tension entre le président Salva Kiir et son adjoint et rival, Riek Machar.
Dans un communiqué, la Mission des Nations unies dans le pays, Minuss s’est dite profondément préoccupée par les informations faisant état d’affrontements entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) et l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (SPLA-IO) dans les comtés voisins de Morobo et de Yei. C’est dans l’État d’Equatoria-Central (sud).
L’État d’Équatoria-Central, qui comprend la capitale Juba, a été divisé en zones contrôlées par les forces gouvernementales et celles de l’opposition en vertu de l’accord de paix de 2018. Il s’agit de l’accord qui a mis fin à une guerre civile sanglante. Déplorant des déplacements de civils et des pertes humaines, l’ONU a réitéré son appel au dialogue et à une cessation immédiate des hostilités. Elle insiste sur le retour au calme, compte tenu de la situation politique et sécuritaire du pays déjà fragile.
Mardi, les forces pro-Machar ont déclaré des attaques des forces gouvernementales à proximité du cantonnement militaire de Panyume,notamment sur des biens civils et des bâtiments publics dans le comté de Morobo. Elles ont appelé les civils à quitter la zone pour éviter d’être pris entre deux feux. Les forces pro-Machar ont également accusé l’armée sud-soudanaise de vouloir transformer des comtés en zones d’opérations et ont ordonné à ses troupes de se préparer au combat.
Le Soudan du Sud, plus jeune pays du monde, connaît des affrontements dans plusieurs régions. Selon un responsable local, plusieurs milliers de personnes contraintes de fuir ces affrontements sont arrivées chaque jour dans la ville de Morobo. C’est près des frontières ougandaise et congolaise. Certaines se sont dites bloquées, sans nourriture ni abri.
Fin mars, l’arrestation par l’armée de M. Machar, rival historique du président, a marqué une escalade qui fait craindre une nouvelle guerre civile. Cette situation pourrait être près de sept ans après la fin d’un conflit sanglant entre les partisans des deux hommes, qui a fait 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.
Josaphat Mayi

