Alors que le climat politique est crispé sur fond de crise sécuritaire dans l’est de la RDC, Martin Fayulu, figure voyante de l’opposition, appelle à l’unité nationale, demandant à Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat devenu opposant, et à Corneille Nangaa, chef rebelle de l’Alliance fleuve Congo (AFC-M23), de revenir à la raison.
Le leader de la coalition Lamuka exhorte l’ancien président, accusé d’être le commanditaire du M23-AFC, de quitter Goma. Pour lui, cette ville est occupée avec la complicité de forces ennemies. « L’histoire ne pardonne pas les trahisons, encore moins celles faites à la patrie », a déclaré Martin Fayulu dans un discours devenu viral sur les réseaux sociaux.
Il estime « qu’aucune raison, même stratégique, ne saurait justifier une collaboration avec ceux qui déchirent la RDC ». « Le chemin vers la rédemption de nos erreurs passées, c’est le dialogue, pas la compétition », a-t-il dit. Et puis, il appelle Corneille Nangaa à cesser d’être complice dans les tragédies qui endeuillent la région du Kivu.
« Monsieur Nangaa, je vous en conjure, cessez d’être complice des massacres de nos frères et sœurs. Cessez d’élever notre sol, nos vies et nos ressources aux forces étrangères. Le sang congolais ne peut plus couler avec votre complicité. Aucune ambition ne vaut le prix de la souffrance de tout un peuple », a indiqué Martin Fayulu.
Pour l’heure, le tandem Cenco-Ecc est à la manœuvre pour un dialogue national inclusif, même si cette démarche peine à faire l’unanimité. Depuis le dimanche dernier, Joseph Kabila séjourne à Goma. L’ancien président, qui a pointé la responsabilité de son successeur dans cette crise, mène des consultations avec les différentes forces vives et a aussi échangé avec les responsables du M23.
Toutefois, la démarche est mal perçue par les autorités de Kinshasa, qui l’accusent d’être le commanditaire de cette rébellion. Il y a quelques jours, le Sénat a décidé de lever les immunités parlementaires de Joseph Kabila. Les activités du PPRD, son parti, sont suspendues depuis avril dernier.
Ephraïm Kafuti

