Malgré la condamnation de quarante-six soldats ivoiriens, considérés comme des mercenaires et détenus à Bamako à 20 de prison, le Togo continue sa médiation pour trouver un compromis pacifique dans ce dossier entre Bamako et Abidjan.
Faure Gnassingbé, président togolais et médiateur dans cette crise, a échangé avec le président Assimi Goïta. Si les contenus de leur échange n’ont filtré, les deux chefs d’État ont, selon des sources, évoqué le sujet de soldats ivoiriens. Après Bamako, le président togolais se rend à Abidjan. Pour Seidik Abba, spécialiste de questions africaines, les deux États sont dans une recherche de compromis.
Il affirme que la condamnation de soldats ivoiriens intervient dans le cadre du processus de négociation menée par le Togo. « La visite du président togolais à Bamako et à Abidjan devrait faire avancer le dossier. Même si la partie ivoirienne s’est montrée plus optimiste. On parlait d’une grâce avant le 31 décembre. Cela n’est pas intervenu, mais cette possibilité de grâce n’est pas encore exclue parce qu’il y a un autre élément qu’il ne faut pas négliger », dit Seidik Abba. En fait, les avocats de ces militaires ivoiriens ont refusé d’interjeter.
La Cédéao, qui avait donné un ultimatum aux autorités maliennes jusqu’au 1er janvier pour libérer ces soldats, n’a pas imposé des sanctions à Bamako. Tout porte à croire que l’organisation sous-régionale garde encore l’espoir en discussion menée par le Togo. « La Cédéao n’a pas pris des sanctions contre le Mali dans l’espoir de favoriser le dénouement pacifique de cette crise », pense l’analyste.
« Telles que les choses se présentent malgré la condamnation à une lourde peine parce que 20 ans, c’est une lourde peine. On s’achemine vers un compromis qui pourrait prendre la forme d’une grâce présidentielle accordée par le président Assimi Goïta », ajoute M. Abba.
Arrêtés en juillet dernier, les quarante-six militaires ivoiriens, soupçonnés d’être des mercenaires, ont été condamnés le 30 décembre à 20 ans de réclusion criminelle. Ils ont été déclarés coupables « d’attentat et complot contre le gouvernement », « atteinte à la sûreté extérieure de l’État », « détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur », à l’issue d’un procès de deux jours à Bamako. Mais Abidjan reste optimiste. Dans son discours du Nouvel an, le président Alassane Ouattara a promis que les soldats incarcérés « regagneront bientôt le sol ivoirien ».
« Il ne faut pas oublier le climat de discussion entre les parties maliennes et ivoiriennes lors du passage de la délégation ministérielle ivoirienne à Bamako. Chacun a regretté qu’on en soit arrivé là. Les Maliens ont parlé d’un incident malheureux. Les Ivoiriens ont parlé de malentendu. Donc, il y a une volonté de part et d’autre de trouver une solution pacifique. Aucune de partie n’a intérêt à envenimer les choses. Surtout pas la partie malienne », conclut Seidik Abba.
Trésor Mutombo

